vendredi 15 décembre 2017

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Mystère autour de la mort du soldat français

Ladepeche.fr

vendredi 7 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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On en sait un peu plus par bribes sur l’accrochage qui a coûté la vie, lundi, à un sergent français, au Soudan. L’homme appartenait aux forces spéciales, des unités d’avant-garde de l’armée qui préparent l’arrivée sur le terrain des troupes conventionnelles (lire ci-dessous).

Selon Khartoum, il était grièvement blessé lorsqu’il a d’abord été découvert, puis abandonné, par des nomades du Darfour. Il n’est décédé que plus tard, des suites de ses blessures. En voulant transporter sa dépouille lorsqu’ils l’ont retrouvée, quatre nomades ont été tués dans l’explosion d’une grenade accrochée à son uniforme.

Ce sergent français de l’Eufor, la force européenne de l’Onu en cours de déploiement au Tchad et en Centrafrique, avait disparu après un échange de tirs avec l’armée soudanaise. Il s’était retrouvé au Darfour (par mégarde, selon la version française), dans un secteur où la frontière tchado-soudanaise serait des plus floues. En mission de reconnaissance, il avait pénétré dans la province de l’ouest du Soudan avec un autre militaire français à bord d’un véhicule léger tout terrain de type P4 largement en usage dans l’armée française mais en version améliorée pour les besoins des unités spéciales.

Le soldat rescapé de l’accrochage est parvenu à regagner le Tchad en s’emparant d’un cheval. Pris sous le feu, cet adjudant a vu son compagnon s’effondrer. Légèrement blessé, il est cependant parvenu à s’extraire du véhicule.

Il a bénéficié pour s’éclisper du couvert végétal offert par « l’herbe à éléphants », de hautes tiges abondantes dans la région. Il est alors tombé sur un homme à cheval et s’est emparé de sa monture. C’est dans cet improbable équipage qu’il a été récupéré par les militaires français partis à la recherche de leurs deux compagnons disparus.

Plus de 800 militaires des forces spéciales dont le quart de Français sont déjà déployés dans le cadre de la force européenne de l’ONU qui comptera à terme 3700 hommes (dont 2100 Français) pour sécuriser le secteur du Darfour en proie à un conflit meurtrier. Jean Savaric

Des forces d’élite aux avant-postes de l’armée

Ces soldats de l’ombre mènent des missions de renseignement, de reconnaissance et d’approche. Ils opèrent en« précurseurs » pour préparer le terrain aux troupes régulières qui leur succèderont.

Les forces spéciales françaises, placées sous le Commandement des opérations spéciales (COS), comptent près de 3 000 hommes au total. Elles appartiennent au club très fermé des meilleures forces spéciales occidentales, aux côtés des Américains et des Britanniques.

Elles sont entraînées aux missions les plus pointues et les plus périlleuses. Contrairement aux hommes de la DGSE (services secrets), ceux des forces spéciales agissent toujours en uniforme, ce qui n’empêche pas une discrétion certaine, le recours à des moyens parfois peu conventionnels ou le port de la barbe dans certaines régions du monde.

Les forces spéciales sont présentes sur l’ensemble des théâtres d’opérations de l’armée française, bien souvent en éclaireurs avant les opérations majeures. L’état-major des armées maintient toutefois traditionnellement le silence sur leur déploiement. Ces dernières années, elles ont payé un lourd tribut aux opérations de l’armée française en Afghanistan. Sept soldats de ces forces d’élite y ont perdu la vie.


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