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Le chef du renseignement de Milosevic jugé à partir de lundi

7sur7.be

vendredi 7 mars 2008, sélectionné par Spyworld

L’ex-chef du renseignement serbe, Jovica Stanisic, est jugé à partir de lundi au TPI lors d’un procès qui pourrait prouver la "conspiration criminelle" pour créer une Grande Serbie et dévoiler le rôle des Occidentaux comme aucun autre depuis celui de Slobodan Milosevic.

Jovica Stanisic, 57 ans, sera jugé devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie avec un de ses anciens adjoints, Franko Simatovic. Stanisic a fait ses classes au sein du renseignement yougoslave, sous le maréchal Tito, jusqu’à devenir chef de la sûreté de l’Etat (DB) du ministère de l’intérieur serbe entre le 31 décembre 1991 et le 27 octobre 1998. Pendant sept ans il fut le témoin numéro un des faits et gestes du défunt président serbe Slobodan Milosevic.

Crimes

Simatovic, dit "Frenki", 57 ans également, était membre de la DB de 1978 à 2001, et dirigeait la division coordonnant les unités spéciales. Tous deux doivent répondre de quatre chefs d’accusation de crime de guerre et un chef d’accusation de crime contre l’humanité pour des exactions commises durant les guerres de Croatie (1991-1995) et de Bosnie (1992-1995) contre des civils non Serbes.

Selon l’accusation, ils ont participé à une "entreprise criminelle commune", avec notamment Slobodan Milosevic, pour créer une Grande Serbie. Celui-ci est mort il y a deux ans dans sa cellule du centre de détention des Nations unies à La Haye, à quelques mois de la fin prévue de son procès et donc avant que cette conspiration puisse être prouvée.

Nouvelles charges

Attestant des liens avec Slobodan Milosevic, les juges ont décidé en février d’ouvrir aux parties des compte-rendus d’audience du procès avorté de l’ancien homme fort de Belgrade, jusqu’ici confidentiels. En 2006, leur acte d’accusation commun a été amendé pour contenir de nouvelles charges liées au génocide de Srebrenica, le massacre en 1995 de quelque 8.000 garçons et hommes musulmans.

Une vidéo présentée lors du procès Milosevic montrait en effet des miliciens serbes présumés, placés selon l’accusation sous les ordre des deux hommes, participant aux exécutions. Stanisic, qui avait une image de "modéré" parmi les responsables serbes de l’époque, passe pour avoir organisé l’insurrection des Serbes de Croatie en 1991, coordonné la lutte armée des Serbes de Bosnie, et était l’un des principaux exécutants de la répression du mouvement séparatiste albanais au Kosovo.

Contacts

Il avait été limogé en octobre 1998 dans des conditions mystérieuses auxquelles l’épouse de Milosevic, Mira Markovic, ne serait pas étrangère. En tant qu’ancien chef du renseignement, M. Stanisic était également au courant des contacts entre Slobodan Milosevic et les Occidentaux, voire d’éventuelles négociations, toujours démenties, dans des affaires comme celle des pilotes français.

Frédéric Chiffot et José-Manuel Souvignet, détenus après que leur appareil avait été abattu au-dessus de la Republika Srpska (RS, entité autoproclamée des Serbes de Bosnie) en août 1995, avaient été libérés le 12 décembre 1995, deux jours avant la signature à Paris des accords de paix de Dayton par les principaux protagonistes du conflit en ex-Yougoslavie.

Arrêtés en mars 2003 par les autorités serbes et transférés en juin de la même année à La Haye, Franko Simatovic et Jovica Stanisic étaient en liberté provisoire depuis décembre 2004 dans l’attente de leur procès. Ils ont regagné leur prison il y a un mois. La défense de Jovica Stanisic a tenté à plusieurs reprises d’éviter un procès, invoquant l’état de santé de l’inculpé, qui selon les autorités et les médias serbes serait atteint d’un cancer de l’estomac. Elle devrait faire une ultime tentative lors d’une audience de procédure qui précédera l’ouverture du procès, lundi également.


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