samedi 21 octobre 2017

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Bruxelles critique le décret français anti-OPA

Philippe Ricard, le Monde

lundi 5 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le gouvernement français devra redoubler d’efforts pour convaincre la Commission européenne de l’opportunité de définir les secteurs où il pourra entraver la prise de contrôle des entreprises françaises par des investisseurs étrangers.

Samedi 3 septembre, les commissaires au marché intérieur, Charlie McCreevy, et à la concurrence, Neelie Kroes, ont lancé l’offensive contre le décret français, en préparation, qui doit protéger dix secteurs sensibles : les casinos, les activités de sécurité, les biotechnologies, les antidotes, le matériel d’interception des communications, la sécurité des systèmes informatiques, les technologies duales (relatives au civil et au militaire), la cryptologie, les marchés secret-défense et l’armement.

Après avoir ferraillé avec le gouverneur de la Banque d’Italie, Antonio Fazio, pour tenter d’ouvrir le marché bancaire de la Péninsule, M. McCreevy a déclaré, lors d’un colloque : "Je peux envisager des difficultés avec un autre grand Etat membre qui semble vouloir protéger des acquisitions certains segments de son industrie." Et de prévenir : "Je poursuivrai vigoureusement toute mesure contraire à la loi européenne", qui assure la libre circulation des capitaux.

Mme Kroes s’est montrée aussi ferme : "De telles mesures, qu’elles soient du ’patriotisme économique’, des aides d’Etat illégales visant à maintenir artificiellement des sociétés hors de l’eau, ou des tentatives pour mettre les entreprises hors de portée d’acquisitions étrangères, risquent de ramener l’Europe dans une spirale infernale de protectionnisme systématique, à l’image des années 1930" , a-t-elle jugé lors de la même réunion. "Nous avons reçu de tels signaux de France récemment, ce qui est du plus ironique quand l’on considère que -c’est- le pays dont les sociétés sont responsables du plus grand nombre d’acquisitions en valeur (...) en Europe, de janvier à août."

Selon l’hebdomadaire britannique The Economist , les entreprises françaises ont acheté, depuis le début de l’année, 146 sociétés européennes, pour 59,5 milliards d’euros. La France se situe en valeur juste devant les Etats-Unis (55,6 milliards), et loin devant l’Italie et la Grande-Bretagne.


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