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EADS envisage deux acquisitions cette année

Tim Hepher, Reuters

dimanche 9 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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EADS a annoncé à ses salariés qu’il envisageait d’identifier deux acquisitions cette année dans les domaines de la défense, de la sécurité ou des services, dont une au moins aux Etats-Unis, selon un document interne que s’est procuré Reuters.

L’objectif est cité dans une liste des priorités du groupe distribuée à ses employés alors qu’EADS s’apprête à publier ses résultats annuels. Ceux-ci devraient se solder par une perte et refléter l’exposition d’EADS aux risques de changes dans le contexte de la dépréciation continue du dollar face à l’euro.

Dans ce mémo, le président d’EADS, Louis Gallois, présente les objectifs financiers et le renforcement de la fiabilité industrielle du groupe comme les principales priorités pour 2008.

La volonté de conclure la cession totale ou partielle des six usines dont Airbus souhaite se séparer figure également parmi les 10 priorités exposées dans ce document, bien que le projet se heurte à l’opposition des syndicats du groupe en France et en Allemagne.

Est également évoquée la nécessité d’assurer la livraison du très gros porteur A380 conformément au calendrier de production révisé après les retards des dernières années.

La direction appelle également les salariés à stabiliser le programme d’avion de transport militaire A400M et celui de l’hélicoptère NH90, tous deux confrontés eux aussi à des retards susceptibles d’atteindre un an, et à assurer le bon lancement de la troisième tranche de production du chasseur Eurofighter, prévue pour 2012.

Le document a été diffusé en interne au cours de la semaine écoulée. Son existence a été confirmée par deux sources qui ont requis l’anonymat en soulignant que cette liste de priorités n’avait pas été diffusée en dehors de l’entreprise.

Un porte-parole d’EADS s’est refusé à tout commentaire.

La sixième des 10 priorités exposées par le document propose "deux projets d’acquisition dans les domaines de la défense, de la sécurité et des services (...) dont l’un au moins est aux Etats-Unis".

EFFET DOLLAR

En janvier, un dirigeant d’EADS avait expliqué que le groupe recherchait une acquisition potentielle de taille moyenne dans les services aéronautiques, pour un montant d’environ un milliard de dollars (650 millions d’euros). Mais la note interne précise apparemment pour la première fois le nombre et le calendrier des acquisitions envisagées.

Les objectifs pour 2008 doivent donner le coup d’envoi d’un plan nommé Vision 2020 censé redéfinir l’organisation de la première entreprise aéronautique d’Europe, et notamment réduire sa dépendance - aujourd’hui forte - au caractère cyclique de la demande des compagnies aériennes civiles, ce qui nécessite de faire croître ses activités de défense.

La direction souhaite aussi atténuer les effets de l’évolution de la parité euro-dollar sur les finances du groupe. Les principaux responsables d’EADS n’ont pas hésité ces derniers mois à affirmer que cet enjeu était vital pour l’entreprise, un discours qui, pour certains observateurs, doit être resitué dans le contexte des efforts visant à convaincre les syndicats de la nécessite de la restructuration.

EADS a obtenu ces derniers jours un important succès commercial et symbolique aux Etats-Unis, remportant avec son allié américain Northrop Grumman un contrat de 35 milliards de dollars du Pentagone pour la fourniture d’avions ravitailleurs inspirés de l’A330 et nommé KC-45A. Mais la décision de l’US Air Force est contestée à la fois par son concurrent Boeing et par des élus américains.

Dans la note aux salariés, Gallois explique que l’un des objectifs de l’entreprise pour 2008 est de "positionner EADS sur les marchés américains de la défense et de la sécurité" ainsi que d’"assurer la réussite du démarrage du programme de ravitailleur KC-45A".

Les différentes sections du ravitailleur doivent être construites dans les usines européennes d’Airbus mais l’assemblage final de l’appareil est prévu dans une nouvelle usine à Mobile, dans l’Alabama. Airbus s’est en outre engagé à construire des A330 civils sur ce site.

Boeing a déclaré vendredi soir envisager "sérieusement" un recours contre l’octroi du contrat à EADS et Northrop Grumman.

Version française Henri-Pierre André et Marc Angrand


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