lundi 18 décembre 2017

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Soupçon d’espionnage dans un institut de recherche

Stéphane Sellami, Leparisien.fr

mercredi 12 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Les agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) travaillent sur une intrusion, survenue le 10 février, dans un institut de recherche de la faculté de Versailles, spécialisé dans la chimie. Des données informatiques auraient pu être volées.

UNE ENQUÊTE préliminaire a été ouverte dans la plus grande discrétion par le parquet de Versailles (Yvelines) après une mystérieuse intrusion dans les locaux d’un institut de recherche de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ). Les faits remontent au 10 février. Vers 2 h 40, un ou plusieurs inconnus ont réussi à pénétrer, sans effraction, dans le bâtiment E du campus versaillais qui abrite, notamment, l’Institut Lavoisier, spécialisé dans la chimie.

Les mystérieux « visiteurs » ont ensuite manipulé un ordinateur portable déposé dans une armoire fermée à clé. Les auteurs de cette intrusion nocturne sont restés quelques minutes dans le bureau avant de ressortir sans être inquiétés.

La présidente de l’université minimise

En reprenant son travail, au lendemain des faits, le propriétaire de l’ordinateur convoité a donné l’alerte, après avoir retrouvé son matériel déplacé. Son directeur de recherche a aussitôt prévenu la police. « Des soupçons de vol d’informations ultraconfidentielles demeurent, relate une source proche de l’affaire. Des vérifications sont en cours. L’ordinateur visé renfermait notamment des données sur des travaux concernant la contrefaçon de médicaments. Les enquêteurs de la Direction de la surveillance du territoire (DST) - le contre-espionnage - ont été chargés de ce dossier. » Ces derniers ont récupéré le matériel informatique afin de le passer au crible et vérifier s’il a bien été l’objet d’une manipulation frauduleuse.

« On ne sait pas comment le ou les auteurs de ces faits ont pratiqué, ajoute la même source. S’ils ont, par exemple, juste utilisé une clé USB pour recopier des informations sensibles. En revanche, ils ne sont pas restés très longtemps dans les locaux. Un badge permettant l’accès aux lieux a été utilisé pendant moins de 10 minutes pour entrer et sortir du bâtiment E, entre 2 h 40 et 2 h 50. Le ou les auteurs de cette intrusion connaissaient bien le campus et savaient où aller pour récupérer ce qu’ils étaient venus chercher. »

Contacté hier, le directeur de recherche, qui a donné l’alerte, n’a pas souhaité réagir sur « une affaire qui concerne exclusivement la faculté ». Interrogée, la présidente de l’université de Saint-Quentin, Sylvie Faucheux a, elle, précisé que « des intrusions dans des centres de recherche sont des faits courants ». « Cette histoire est une affaire réglée pour nous, car nous avons déposé plainte, soutient la présidente. Ce n’est rien d’autre qu’un banal fait divers ! »

« L’ordinateur visé était utilisé par des équipes performantes de chercheurs qui mettent au point des méthodes d’analyses rapides des médicaments, confie un proche de l’affaire. Leurs travaux permettent de déterminer s’il s’agit de vrais ou de faux médicaments ou si ces derniers correspondent au brevet déposé par les laboratoires. Ce sont des travaux qui font l’objet d’un enjeu certain... »


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