jeudi 19 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Comment l’Intérieur redéploie ses « grandes oreilles »

Comment l’Intérieur redéploie ses « grandes oreilles »

Christophe Cornevin, le Figaro

mercredi 12 mars 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le document que s’est procuré Le Figaro détaille les nouvelles missions confiées aux 4 500 spécialistes du renseignement.

La fusion programmée de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) et des Renseignements généraux (RG) vient de franchir un cap décisif. Dans un courrier interne de trois pages adressé fin février aux 4 500 policiers spécialisés, que Le Figaro s’est procuré, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, a précisé les contours d’une inédite force de frappe appelée à recueillir le renseignement à travers le pays.

Cette « superagence à la française » va travailler sur deux niveaux, dès le 1er juillet prochain. Placée sous un pilotage unique, une nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) prendra en charge toutes les missions liées à la sécurité nationale. Composée au départ d’environ 3 500 fonctionnaires couverts par le « secret défense », cette structure luttera « contre l’espionnage et les ingérences économiques », l’antiterrorisme, la protection du patrimoine et la sécurité économique. Par ailleurs, la DCRI se verra confier la surveillance des « mouvements subversifs violents », tels que l’islamisme radical et la prise en compte de certains « phénomènes précurseurs de menace », comme les groupuscules d’ultragauche ou d’ultradroite. « Toutes ces informations très sensibles, relevant du renseignement fermé, seront centralisées au siège de la future direction centrale, à Levallois-Perret », confie un haut fonctionnaire.

« Aptitude à l’anticipation »

Par ailleurs, ces agents du renseignement intérieur disposeront d’antennes dans chaque département où ils ne rendront compte au préfet que « dans la limite du besoin d’en connaître ». Autrement dit, avec une retenue certaine quand il s’agira, entre autre, de contre-espionnage…

Parallèlement à la DCRI, l’Information générale sera, quant à elle, placée sous la houlette de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP). Animée par au moins un millier de policiers travaillant sur le « renseignement ouvert », cette entité reprendra l’actuelle compétence des RG sur l’intégralité du territoire. Outre les troubles éventuels liés à certains voyages officiels, les futurs Services départementaux de l’Information générale (SDIG) balaieront pour le compte du préfet, mais aussi du gouvernement, un vaste spectre d’informations allant du hooliganisme aux percées de fièvres paysannes, en passant par les grèves de dockers ou encore la vie des quartiers sensibles. Bref, tout ce qui concerne l’ordre public. « Pour la première fois, l’analyse des violences urbaines, jusqu’alors réservée aux RG, sera placée sous la même responsabilité de ceux qui ont la charge de les réprimer, considère-t-on Place Beauvau. En annulant toute déperdition de renseignements, la plus-value sera assez extraordinaire… » Dans une note adressée aux préfets, le ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, insiste sur l’« aptitude à l’anticipation » de ses services. Leur refonte pourrait, d’ici à la fin de l’année, s’accompagner d’une économie d’échelle de plusieurs centaines de postes.

Frédéric Péchnard, directeur général de la police nationale et le général Guy Parayre, directeur général de la Gendarmerie nationale. Crédits photo : Le Figaro


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :