lundi 23 octobre 2017

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Le renseignement américain à la recherche de « 007 » en herbe

Karin Zeitvogel, AFP

jeudi 13 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Cette étudiante californienne décontractée, en stage linguistique dans un pays étranger, pourrait faire partie d’un nouveau programme universitaire destiné à former la nouvelle génération d’agents du renseignement américain.

Cependant, même si elle travaille un jour pour la CIA, elle ne deviendra pas forcément un agent secret menant des missions clandestines.

La réalité est moins spectaculaire qu’au cinéma : « le renseignement, cela ne veut pas juste dire espionner, se déplacer furtivement dans un imperméable », relève Jim Robbins, directeur de l’Intelligence Community Center for Academic Excellence (ICCAE) de la Trinity University à Washington, l’un des neuf programmes visant à renouveler le vivier du renseignement américain.

« La CIA en est la composante la plus connue, mais le renseignement au sens large comprend de nombreuses agences impliquées dans la collecte et l’analyse d’informations », explique-t-il.

Depuis trois ans, ce centre dispense ses enseignements à la Trinity University.

Le programme est financé par le Bureau du directeur du renseignement national, l’ODNI, l’agence de tutelle qui supervise les 16 agences de renseignement américaines.

Depuis 2005, huit nouvelles universités à travers les États-Unis ont adhéré au programme. Son objectif est de transformer la perception qu’ont les jeunes Américains du renseignement.

Le programme vise aussi à recruter « des membres de communautés (femmes, minorités...) qui étaient jusqu’à présent sous-représentées », explique M. Robbins.

Les écoles sélectionnées reçoivent une subvention de l’ODNI. « Nous voulons que le cursus d’études soit interdisciplinaire », souligne Lenora Peters Gant, qui supervise le programme de l’ICCAE. « Ne serait-ce pas formidable d’avoir un ingénieur qui connaisse quelque chose aux religions, aux autres cultures et pourrait parler farsi ou ourdou ? », poursuit-elle.

La subvention de l’ODNI permet aux étudiants d’apprendre une langue à l’étranger et de se familiariser avec d’autres cultures.

La jeune Tanjier Belton, qui veut travailler pour la CIA, est ainsi venue en France en 2006. Jesmeen Khan, elle, a séjourné en Autriche, en République tchèque et en Hongrie l’an dernier. Son ambition est d’entrer au département d’État.

L’Université internationale de Floride a envoyé pour sa part 16 étudiants à l’étranger dans le cadre de ce programme.

« Les jeunes veulent aller en Chine, au Brésil, en Espagne. Ils veulent étudier l’arabe, une langue très recherchée. Nous avons déjà du monde au Maroc, en Jordanie et en Égypte, » se félicite David Twigg, directeur adjoint du Gordon Institute for Public Policy and Citizenship Studies à l’Université de Floride.

« Ils ne vont pas là-bas en tant qu’espions. Ils vont là-bas pour comprendre ce qui se passe », précise-t-il à l’AFP.

Quand ils retournent aux États-Unis et finissent leur formation, ils ne sont pas obligés de travailler pour une des agences de renseignement.

« Nous allons dans les universités pour les recruter mais cela ne les fait pas travailler pour nous » forcément, reconnaît Lenora Peters Gant.

Cependant, beaucoup des plus de 400 étudiants du programme « veulent le faire, à cause des "missions" », confie-t-elle, utilisant pour une fois le langage traditionnel des films de James Bond.

Pour se reprendre aussitôt : « Ils veulent faire quelque chose d’altruiste pour le monde et l’Amérique. Quelque chose qui changera leur vie quotidienne, » conclut-elle.


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