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Un Yéménite décrit à Amnesty la torture dans les prisons secrètes de la CIA

AFP

vendredi 14 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Un Yéménite accuse des agents américains de l’avoir soumis à diverses formes de torture lors de ses près de trois années passées dans les prisons secrètes de la CIA, dans un témoignage présenté vendredi par Amnesty International.

Khaled Abdou Ahmed Saleh al-Maqtari, 31 ans, avait été arrêté par des soldats américains à Falloujah en Irak en janvier 2004, avec une soixantaine d’autres personnes, selon son récit à l’organisation de défense des droits de l’Homme, dont le siège est à Londres.

Transféré ensuite à la prison irakienne d’Abou Ghraïb, où il compte au rang des "détenus fantômes", Al-Maqtari décrit à Amnesty les violences, les privations de sommeil, les positions de stress, les séances d’intimidation par des chiens, les hypothermies provoquées et autres formes de torture.

Il raconte, qu’une fois, il a été battu par trois hommes dans une petite pièce, avoir été forcé, de se tenir debout, nu, sur une chaise devant une puissante climatisation, avec une caisse remplie de bouteilles d’eau dans les mains.

Selon son témoignage, il était régulièrement plongé dans l’eau froide, qui le faisait tellement trembler qu’il pouvait à peine tenir debout. On le suspendait la tête en bas, les mains menottées dans le dos, avec un système de poulie pour le faire aller et venir dans l’eau.

Après neuf jours d’interrogatoire à Abou Ghraïb, Al-Maqtari a été transféré en Afghanistan dans un vol secret de la CIA, poursuit Amnesty, qui assure avoir retrouvé les traces d’un plan de vol corroborant ses dires.

Là, il a subi d’autres mauvais traitements : isolement, privation de sommeil, exposition au froid ou à la chaleur, port prolongé de chaînes, perte de sens provoqué par des lumières ou des bruits.

Fin avril 2004, Al-Maqtari a été transféré vers un autre site secret de la CIA, peut-être en Europe de l’Est, selon Amnesty. Il a été détenu là pendant 28 mois, avant d’être renvoyé vers le Yémen, où il est resté emprisonné jusqu’en mai 2007.

"A aucun moment pendant ses 32 mois d’emprisonnement, on n’a dit à Khaled al-Maqtari où il était ni pourquoi", a expliqué Anne Fitzgerald, conseiller spécial d’Amnesty.

"Il n’avait d’accès ni à des avocats, ni à sa famille, ni au Comité international de la Croix-Rouge, ni à toute personne autre que le personnel impliqué dans ses interrogatoires, sa détention ou son transfert. C’est clairement une violation des obligations internationales des Etats-Unis", a-t-elle estimé.


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