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Otages au Maghreb : l’Autriche compte sur ses alliés pour résoudre la crise

AFP

vendredi 14 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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L’Autriche refuse de négocier pour obtenir la libération de ses deux ressortissants détenus par la branche de l’organisation islamiste Al-Qaïda au Maghreb et compte, comme pour une autre prise d’otages en Irak, sur les services de renseignement de ses alliés pour l’aider à résoudre cette crise.

A cet effet, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a demandé vendredi l’aide des services secrets des autres pays de l’Union européenne (UE) en marge du sommet de Bruxelles, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy au cours d’une conférence de presse. Ce dernier a assuré l’Autriche du "soutien plein et entier" de la France, notamment "par le biais de la DGSE" (ndlr : service d’espionnage français), bien implantée en Afrique du Nord.

Le matin, Alfred Gusenbauer avait exigé "la libération immédiate et sans condition de ces otages", soulignant que "l’Autriche ne négocie pas avec des terroristes".

Le 13 mars, la branche d’Al-Qaïda au Maghreb avait fixé un ultimatum aux autorités autrichiennes : la libération d’ici à dimanche minuit de militants liés à la mouvance détenus en Algérie et en Tunisie en échange du couple d’Autrichiens, disparu depuis à la mi-février en Tunisie. Le groupe indiquait également que "l’Autriche était responsable de la vie des deux otages si les revendications n’étaient pas satisfaites".

Vendredi, le chef de la police antiterroriste de la région de Salzbourg, d’où sont originaires les otages, Burkhard Vouk, a indiqué à la radio publique ORF que des "contacts avaient été établis", sans vouloir préciser de quels "contacts" il s’agissait.

Les photos de Wolfgang Ebner, 51 ans, un spécialiste du désert, et de sa compagne, Andrea Kloiber, 44 ans, diffusées sur Internet comme preuve par le groupe islamiste, s’étalaient vendredi dans la presse autrichienne. Les deux otages apparaissent sur fond de désert en habits traditionnels arabes et entourés de militants armés.

Le lieu de détention des deux touristes reste une des incertitudes. L’Algérie et la Tunisie contestent la présence des otages sur leur territoire respectif et se renvoient la balle, l’Algérie accusant notamment la Tunisie de vouloir préserver son secteur touristique. Selon d’autres informations, le groupe terroriste se serait déplacé jusqu’au Mali. Selon le chef de la police antiterroriste de Salzbourg, des enquêteurs s’efforcent de localiser les otages à partir de leurs téléphones portables.

Afin de résoudre la crise, l’Autriche, petite république de huit millions d’habitants, a renforcé cette semaine son réseau diplomatique en Tunisie et envoyé un membre du Service de protection de la Constitution et de lutte contre le terrorisme "dans la région, mais pas à Tunis", a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rudolf Gollia.

Ne disposant pas de service secret d’envergure, l’Autriche est largement tributaire en la matière de ses alliés : "Nous sommes intéressés par tout échange d’informations", a indiqué Rudolf Gollia.

Vendredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Peter Launsky-Tieffenthal, évoquait "des échanges d’expériences" entre les responsables autrichiens et leurs homologues français et allemand, en marge du sommet européen de Bruxelles.

La dépendance autrichienne par rapport aux services de renseignement de ses alliés est flagrante dans un autre cas de prise d’otages, en Irak : Bert Nussbaumer, un salarié autrichien d’une société de sécurité, a été enlevé en 2006 avec quatre collègues américains dans le sud du pays et les autorités autrichiennes sont pour ce cas en étroite relation avec les autorités américaines et britanniques.

Dernièrement, les Etats-Unis ont transmis à l’Autriche des "empreintes et des traces ADN" pouvant "correspondre" à celles de Nussbaumer.


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