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TPI : le procès de l’ex-espion en chef de Milosevic ajourné dès l’ouverture

AFP

lundi 17 mars 2008, sélectionné par Spyworld

Le procès pour crimes de guerre et contre l’humanité de l’ancien chef du renseignement serbe, Jovica Stanisic, a été ajourné lundi dès son ouverture devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, en l’absence de l’accusé.

Rien n’a filtré des raisons de l’absence de M. Stanisic, des discussions des juges ou des motifs de l’ajournement, car le huis clos avait été prononcé immédiatement lors de cette première audience.

Mais la défense et les autorités de Belgrade ont affirmé à plusieurs reprises que l’état de santé de l’accusé l’empêchait de comparaître.

M. Stanisic, 57 ans, un personnage-clé pour comprendre le rôle de la Serbie dans les guerres ayant déchiré l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, souffrirait notamment d’un cancer de l’estomac, selon ces sources.

On ignorait lundi martin si et quand le procès se poursuivrait.

Le co-inculpé de M. Stanisic, un de ses anciens adjoints, Franko Simatovic, était en revanche présent.

Le procès des deux hommes pourrait prouver la "conspiration criminelle" des hommes d’Etat serbes voulant créer une Grande Serbie et dévoiler le rôle des Occidentaux dans cette guerre comme aucun autre depuis celui de Slobodan Milosevic.

Stanisic était chef de la sûreté de l’Etat (DB) du ministère de l’Intérieur serbe entre décembre 1991 et octobre 1998.

Pendant sept ans, il fut le témoin numéro un des faits et gestes du défunt président serbe Slobodan Milosevic.

Simatovic, dit "Frenki", 57 ans, était membre de la DB de 1978 à 2001, et dirigeait la division coordonnant les unités spéciales.

Tous deux plaident non coupable de crime de guerre et crimes contre l’humanité pour des exactions commises durant les guerres de Croatie (1991-1995) et de Bosnie (1992-1995) contre des civils non serbes.

Le procès devait initialement débuter le 10 mars, mais il avait été reporté d’une semaine à la demande du procureur, pour des raisons classées confidentielles.

Selon l’accusation, les deux hommes ont participé à une "entreprise criminelle commune", avec notamment Slobodan Milosevic, pour créer une Grande Serbie.

Celui-ci est mort il y a deux ans, le 11 mars 2006, au centre de détention des Nations unies à La Haye, à quelques mois de la fin prévue de son procès et donc avant que cette conspiration puisse être prouvée.

L’acte d’accusation des deux accusés a été amendé pour inclure le massacre de Srebrenica, durant lequel quelque 8.000 garçons et hommes musulmans furent exécutés en 1995.

En tant qu’ancien chef du renseignement, M. Stanisic était également au courant des contacts entre Slobodan Milosevic et les Occidentaux, voire d’éventuelles négociations, toujours démenties, dans des affaires comme celle des pilotes français détenus plus de 100 jours par les Serbes en 1995.

Arrêtés en mars 2003 par les autorités serbes, Simatovic et Stanisic avaient été remis en liberté provisoire en décembre 2004 dans l’attente de leur procès. Ils ont regagné la prison en février.

L’ancien chef du renseignement serbe Jovica Stanisic, au Tribunal Pénal International de La Haye, le 13 juin 2003


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