lundi 18 décembre 2017

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Les espions israéliens ouvrent un blog

Laurent Suply, le Figaro

mardi 18 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Quatre agents du Shin Bet racontent leur quotidien sur le web, loin des clichés des films d’espionnage.

Visages masqués, papier peint à la Matrix… Même quand il se dévoile sur le web, le Shin Bet, équivalent israélien de notre DST, cultive le goût du secret. Quatre agents viennent en effet d’ouvrir des blogs hébergés sur le site officiel de ce très secret service de sécurité.

Ils ne signent leurs billets que par leurs noms de code : Nun (N), Aleph (A), Yud (Y), et Het (H), la seule femme de la bande. De leurs biographies, on ne saura rien de plus, sécurité oblige.

Premier constat : le mythe de James Bond en prend pour son grade. Ingénieurs qualité, responsable technique, les quatre blogueurs ne sont pas de ces commandos qui ont fait la réputation mondiale des services secrets israéliens, du Mossad au Shin Bet. Mais leurs premiers billets donnent surtout une idée de leurs salaires (« Pas pire que n’importe quelle autre entreprise du secteur high-tech », indique Yud), et de leurs horaires (« On ne fait jamais d’heures sup. Je rentre rarement après 18h30 », souligne le même). « Ce billet s’autodétruira dans 10 secondes », s’amuse Aleph. Les internautes qui lisent l’hébreu peuvent commenter les billets, et cette équipe de choc se prête au jeu en répondant à leurs remarques.

Des lecteurs un peu désappointés qui, comme la presse locale, s’interrogent sur l’objectif de cette opération de communication. Côté Shin Bet, on espère surtout attirer quelques jeunes talents de la technologie. Un lien vers les offres d’emploi destinées aux informaticiens est d’ailleurs mis en évidence sur les quatre blogs. Les agences de renseignements du monde entier semblent en effet avoir du mal à recruter : le MI6 britannique s’est récemment payé une campagne de pub à cet effet.

Au regard des réactions, l’utilisation du potentiel du web par le Shin Bet reste imparfaite. Mais elle reste à des années-lumière devant sa cousine française, avec une seule et unique page dédiée à la DST sur le site du ministère de l’Intérieur, qui ne fait même pas mention de Bernard Squarcini, son directeur actuel.


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