lundi 18 décembre 2017

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Otages autrichiens au Maghreb : Al-Qaïda prolonge l’ultimatum d’une semaine

Gabrielle Grenzvienne, AFP

mardi 18 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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La branche du groupe terroriste islamiste Al-Qaïda au Maghreb, qui détient deux otages autrichiens, a prolongé au dimanche de Pâques 23 mars minuit son ultimatum et a menacé de les tuer en cas de tentative de les libérer par la force, dans un communiqué mis en ligne lundi.

Vienne, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Peter Launsky-Tieffenthal, dans une déclaration à l’agence de presse autrichienne APA, a confirmé lundi soir le report de l’ultimatum : "Cela est conforme aux informations que nous avons reçues", a-t-il déclaré.

"Les moujahidine ont décidé de donner à l’Autriche un délai supplémentaire d’une semaine, à compter de dimanche (16 mars) à minuit", affirment les ravisseurs dans un communiqué publié sur un site internet islamiste utilisé généralement par Al-Qaïda et son chef, Oussama ben Laden.

La prolongation de l’ultimatum "répond à une demande du négociateur", ajoute la branche d’Al-Qaïda au Maghreb sans donner de précisions sur ce "négociateur".

Lundi, les dirigeants autrichiens, qui avaient obtenu dimanche une prolongation de l’ultimatum pour une période indéterminée, accueillie par les familles des otages comme un "encouragement", ont multiplié les efforts pour tenter de faire libérer leurs deux ressortissants enlevés le 22 février en Tunisie par Al-Qaïda.

"Le chancelier Alfred Gusenbauer a tenu une nouvelle réunion de crise lundi matin avec son vice-chancelier, Wilhelm Moleterer, la responsable de la diplomatie Ursula Plassnik, le ministre de la Défense Norbert Darabos, et celui de l’Intérieur Günther Platter", a indiqué à l’AFP son porte-parole, Stefan Pöttler.

"Un état-major de crise est sur la brèche en permanence", selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ce ministère travaille avec l’aide des services de renseignements notamment français (DGSE) et allemand (BND) et du service de sécurité algérien à la libération des deux otages.

Le porte-parole du chancelier n’a pas voulu confirmer un contact téléphonique entre Alfred Gusenbauer et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, révélée par les médias algériens, autrichiens et l’agence de presse libyenne Jana.

Il a juste indiqué que les autorités avaient "pris des contacts avec de nombreux hommes politiques internationaux, y compris ceux de la région" où se déroule la prise d’otages. Martin Gärtner a confirmé des contacts entre Vienne et Tripoli, mais sans préciser entre quelles personnalités.

L’appel à l’aide de la Libye s’explique, selon les médias autrichiens, par le rôle joué en 2003 par la fondation du fils du colonel Kadhafi, Saif, dans la libération d’un groupe d’otages européens capturés dans le Sahara algérien et relâchés après versement par l’Allemagne d’une rançon de près de cinq millions d’euros, informations jamais confirmées officiellement.

Mais lundi aucune source officielle ne parlait de négocier le versement d’une rançon. Seul le journal autrichien Kurier a avancé la somme de cinq millions d’euros en contrepartie de la libération de Wolfgang Ebner, 51 ans, et de sa compagne, Andrea Kloiber, 44 ans.

Ces habitués des randonnées dans le désert ont été enlevés par la branche maghrébine d’Al-Qaïda alors qu’ils circulaient dans le sud tunisien.

Ils seraient retenus à 150 km au nord de la capitale malienne Bamako, dans la région de Kidal, proche de l’Algérie.

Parallèlement, l’envoyé spécial du gouvernement autrichien, l’ancien ambassadeur Anton Prohaska, a multiplié les démarches à Bamako, y compris auprès du président malien Amadou Toumani Touré.

Le quotidien algérien indépendant Annahar a révélé samedi que les ravisseurs avaient remis à l’ambassade d’Autriche à Alger les noms de cinq terroristes emprisonnés, dont ils exigent la libération. Parmi eux figure Amar Saïfi, dit "El Para" ("le parachutiste"), un ancien militaire devenu l’un des principaux chefs du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rallié à Al-Qaïda depuis 2006.

Il avait été l’instigateur de l’enlèvement en 2003 de 32 touristes européens dans le Sahara algérien et est en détention en Algérie dans l’attente d’un procès plusieurs fois reporté.


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