lundi 23 octobre 2017

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Les écoutes secrètes font scandale

Le Temps

mercredi 19 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Les opérateurs télécoms menacés d’une pluie de plaintes.

Du jamais vu depuis un quart de siècle ! Jeudi, c’est derrière des portes closes que se sont réunis les élus américains pour débattre de l’une des questions qui empoisonnent les relations entre le Congrès et la Maison-Blanche : les écoutes antiterroristes mises en place après le 11 septembre 2001.

La réunion secrète, voulue par les élus républicains, n’y a rien pu : le lendemain, vendredi, la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, adoptait un projet de loi qui rend furieuse la Maison-Blanche. Le texte refuse notamment d’accorder de manière rétroactive l’immunité aux grandes entreprises de communication qui ont participé au programme d’écoutes téléphoniques.

Interception systématique

La somme en jeu est énorme : des dizaines de plaintes sont actuellement devant une cour de Californie et pourraient coûter aux compagnies des centaines de millions de dollars.

Si l’interception de conversations et d’e-mails à l’extérieur des Etats-Unis ne pose pas de problèmes légaux pour les espions américains, il en va en revanche différemment lorsque ces conversations transitent par le pays. Or, à présent, le cheminement de la plupart des conversations est mondial. Sans attendre une autorisation du Congrès, les entreprises de communication américaines ont activement collaboré à l’interception de ces conversations.

« Les compagnies qui ont pu nous aider à sauver des vies devraient être remerciées pour leur patriotisme et non menacées par des milliards de dollars de sanctions qui les rendront réticentes à nous aider à l’avenir », s’est exclamé George Bush pour tenter de convaincre, en vain, les parlementaires démocrates.

Des infos « perdues »

Autre sujet de préoccupation pour la Maison-Blanche : l’autorisation des d’écoutes antiterroristes, acceptée entre-temps, a pris fin le 16 février dernier. Depuis lors, le flou juridique règne. Et les compagnies de téléphone n’ont aucune envie de se laisser piéger une nouvelle fois.

« Nous avons perdu des informations pour le renseignement au cours de la semaine passée, et ce, directement à cause de l’incertitude créée par l’incapacité à agir du Congrès », ont assuré les responsables du renseignement dans une lettre adressée aux élus.


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