lundi 18 décembre 2017

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Les gendarmes amplifient les cyberpatrouilles

Christophe Cornevin, le Figaro

vendredi 21 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Alors que le deuxième Forum international sur la cybercriminalité réunit cette semaine 700 experts mondiaux à Marcq-en-Baroeul (Nord), les gendarmes dévoilent leurs dernières filatures virtuelles sur internet.

« En retournant chaque jour cette gigantesque botte de foin, nous tombons sur une infinité d’aiguilles… » : à en croire le commandant Alain Permingeat, un des responsables de la Division de lutte contre la cybercriminalité qui a vu le jour en 1995, les traques menées sur internet ont pris une ampleur inédite. Selon un dernier bilan porté à la connaissance du Figaro, pas moins de 660 affaires criminelles ont été débusquées en 2007 par les gendarmes sur la Toile. Outre 460 procédures de pédophilie, dont deux ont impliqué à elles seules 230 personnes lors de l’Opération « Arc en ciel » en novembre dernier, les patrouilleurs du web ont mis au jour un invraisemblable panel de délits n’ayant rien de virtuel. Au total, 200 dossiers récents démontrent que les voyous du net frappent désormais tous azimuts.

500 euros le point de permis

S’adaptant aux dernières tendances, les trafics de permis à points sont ainsi en pleine explosion. « Nombre de particuliers, n’ayant plus besoin de leurs voitures parce qu’ils s’expatrient en Afrique ou dans les Dom-Tom, tentent de négocient leurs points à des automobilistes en ayant cruellement besoin pour continuer à travailler », explique un cybergendarme. Sur internet, la valeur marchande du point a franchit la barre des 500 euros et une vingtaine de filières de ventes illégales ont été démantelées en 2007 ! Ces trafics ont pris une telle ampleur que le ministère de l’Intérieur devrait décider de pénaliser lourdement l’infraction… Outre les escroqueries, les faux casinos en ligne ou encore les incitations à la haine raciale, les cybergendarmes ont aussi démantelé des trafics internationaux d’animaux protégés par la Convention de Washington, dont cette récente foire sauvage à la tortue australe proposée à 500 euros pièce sur la toile.

Relayés par 170 militaires spécialisés en province, les dix-huit gendarmes « n’tech » basés au Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de Rosny-sous-Bois tombent sur quelques « pépites » au gré de leurs navigations virtuelles. Surfant sur des sites de vente par correspondance, ils ont découvert qu’un fou des armes mettait à l’encan une kalachnikov en parfait état de marche ou qu’un escroc tentait de marchander un curieux bouillon à base de plantes censé masquer les traces de cannabis dans les urines de candidats aux concours administratifs. Dans l’Ain, un étudiant de 20 ans a été interpellé après avoir diffusé à l’échelle mondiale d’explosives recettes de bombes artisanales. A son domicile, les militaires ont découvert de l’acétone, de l’acide chlorhydrique, des composants électroniques mais aussi une plantation de cannabis ainsi que des cigarettes de contrebande moldaves…

14 millions de foyers connectés à l’ADSL

Selon nos informations, les patrouilleurs du web adoptent depuis décembre dernier le système « Advestisearch », redoutable logiciel inventé par une société de la banlieue parisienne : en quelques clics, ce puissant moteur de recherche explore en profondeur les sites suspects et leurs pages cachées en recoupant des images de logos ou prenant en compte la sémantique de phrases entières. « Contrairement à un moteur de recherche classique, notre prototype donne une réponse immédiate tout en continuant à balayer internet pour dénicher à l’infini toute nouvelle infraction correspondant à la demande », précise le chef d’escadron Alain Permingeat.

Avec la percée du commerce en ligne et des connexions à internet haut débit, qui concernent aujourd’hui 14 millions de foyers, le nombre des victimes potentielles risque d’évoluer de manière singulière. L’année dernière, les gendarmes ont relevé pas moins de 6000 dossiers liés à des infractions sur le web, notamment des escroqueries à la carte bancaire piratée. Par ailleurs, plus de 2300 internautes ont sollicité dans le même temps les cybergendarmes pour retrouver des parents disparus, dénoncer des sites pornographiques parfaitement légaux mais choquant leur morale ou encore des messages électroniques incitant à la haîne raciale. Sans que les experts français ne puissent faire grand chose  : les serveurs indésirables se retranchent souvent aux États-Unis…


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