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La DST recherche la source d’une fuite sur la sécurité de l’EPR

Pascal Liétout,Claude Canellas, Reuters

mercredi 26 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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Stéphane Lhomme, le porte-parole du réseau Sortir du nucléaire mis en garde à vue après avoir diffusé un rapport classé confidentiel défense émanant d’EDF, a été remis en liberté, annonce l’association.

Stéphane Lhomme a été libéré mardi soir, après 10 heures de garde à vue et d’interrogatoires par les services de la Direction de la surveillance du territoire (DST), précise l’organisation anti-nucléaire.

"On m’a très clairement laissé entendre que je serai mis en cause dans le cadre d’un procès", a-t-il dit à Reuters.

Le rapport indique que le réacteur nucléaire de type EPR en construction à Flamanville, dans la Manche, est vulnérable aux attaques aériennes. Le lendemain de cette intervention, "Sortir du nucléaire" avait publié une copie de ce document sur son site internet.

La DST cherche à savoir comment Stéphane Lhomme s’est procuré cette étude, dont une copie a été saisie le 16 mai 2006 lors d’une perquisition au domicile du militant anti-nucléaire.

"Au cours de son interrogatoire, Stéphane Lhomme n’a donné aucune information qui permette de remonter jusqu’à la personne d’EDF qui a pris le risque et la responsabilité de transmettre ce document", précise "Sortir du Nucléaire".

"Les policiers de la DST ont tenté d’identifier la source de l’information chez EDF. Ils m’ont présenté une liste d’une vingtaine de personnes travaillant dans l’entreprise mais ils n’ont pas avancé sur cet aspect du dossier", a souligné le militant écologiste, par ailleurs président de l’association anti-nucléaire Tchernoblaye dont le siège est à Bordeaux.

Stéphane Lhomme pourrait être poursuivi pour "compromission du secret de la défense nationale", un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

"Je suis prêt à assumer les conséquences d’un acte citoyen consistant à faire connaître la vérité sur un sujet aussi grave que l’énergie nucléaire et les risques extrêmes qu’elle fait courir".

Les Verts ont déploré que ce document ait été tenu secret par EDF, "au mépris de l’information et de la transparence, nécessaire à toute démocratie, nécessaire pour que chacun-e fasse ses choix en connaissance de cause."


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1 Message

  • J’ai vu comme la plupart d’entre vous le document en question.

    D’un point de vue formel je ne vois pas où ce document est classifié : les documents classifiés portent un tampon haut et bas du document, plus un numéro de CD pour le suivi de la distribution.

    D’autre part le document en question n’est pas signé, donc on ne sait pas s’il a jamais été envoyé à un destinataire, ou s’il est resté à l’état de brouillon.

    Des documents comme cela n’importe qui peut en écrire, pour moi ce n’est qu’un brouillon d’une élucubration.

    L’importance accordée à ce document vient seulement du « foin » médiatique monté par Sortir du nucléaire. On se demande bien pourquoi la DST le poursuit, cette poursuite ne fait que donner une crédibilité que le document n’avait pas puisqu’il ne disait rien..

    Maintenant si ce document a été signé, classifié, les gens d’EDF doivent s’inquiéter beaucoup de l’agrément « sécurité » du personnel du service concerné, ce papier donne à penser qu’il a été subtilisé par un secrétariat…

    J’ai connu un cas de divulgation d’un document classifié « CD » il y a une trentaine d’années, c’était un plan format A4, représentant une « rondelle imperdable » , en fait une rondelle tout à fait ordinaire. Ce plan était classifié CD, car l’ensemble de la liasse de plans était lui classifié Secret-Défense. Le plan en question était arrivé au « Canard Enchaîné » qui l’avait publié en faisant les « gorges chaudes » sur thème : la fameuse rondelle que le monde entier nous envie ! Cette affaire avait semé dans le service un véritable branle-bas de combat car cela signifiait deux choses :

    - la procédure avait failli car une personne avait pu photocopier un document classifié et le sortir.

    - Une personne n’avait pas de considération pour la classification en question, et en vertu de « qui vole un œuf vole un bœuf »,

    La chasse à la fuite a été déclenchée.

    De fait il existait neuf liasses de plan, les tampons CD avaient été appliqués « à la main » à l’origine et pas exactement au même endroit à chaque, le tamponneur avait dû « fatiguer ».

    Donc le plan qui avait été photocopié a été retrouvé, et l’auteur de la fuite a été viré instantanément.

    Il n’est qu’une bonne règle en matière de protection de la reproduction, appliquée par les Soviets : pas de photocopieuse, une seule imprimante contrôlée pour tout le service…au moins cela diminue la consommation de papier et les impressions qui finissent au panier. Ce principe s’il avait été appliqué aurait pu être efficace dans l’affaire de Francis Temperville en 1992.

    Mais il faut savoir si l’on veut ou non protéger la classification.

    Cordialement.

    H.L