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Le Parlement débattra du renforcement de la présence militaire française en Afghanistan

Patrick Roger, le Monde

vendredi 28 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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C’est de Londres, devant les deux chambres du Parlement britannique, que Nicolas Sarkozy a annoncé, mercredi 26 mars, un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. C’est de Londres, au cours d’une conférence de presse, que le président de la République a finalement donné son accord, jeudi 27 mars, pour un débat "sans aucune réserve" au Parlement français sur cet engagement des forces armées. Si les modalités n’en ont pas encore été arrêtées, le ministre de la défense, Hervé Morin, devrait être auditionné dès mardi 1er avril par la commission de la défense de l’Assemblée nationale.

Le chef de l’Etat n’a pas tardé à tenter de calmer la polémique déclenchée par son annonce. Mercredi, à l’Assemblée, Henri Emmanuelli (PS, Landes) avait interpellé le premier ministre. "Nous sommes la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer sans autorisation ni information du Parlement", s’était indigné l’ancien président de l’Assemblée nationale, demandant l’organisation "au plus vite d’un débat permettant aux parlementaires de se prononcer sur les objectifs, l’opportunité et les modalités de cette intervention". Chargé de lui répondre, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, avait indiqué que les ministres des affaires étrangères et des armées se tenaient "à la disposition des commissions compétentes lorsqu’elles le souhaiteront".

Une réponse jugée insatisfaisante jusque dans les rangs de l’UMP. Mercredi soir, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, adressait une lettre au premier ministre. "La récente décision de l’exécutif justifie que l’Assemblée soit solennellement informée et puisse débattre de cette question", écrit M. Accoyer, rappelant que l’engagement des troupes françaises en Afghanistan avait donné lieu à un précédent débat le... 21 novembre 2001. L’avant-projet de réforme des institutions qui devrait être soumis au Parlement avant l’été prévoit que, si la durée d’une intervention militaire extérieure excède six mois, sa prolongation doit être autorisée par le Parlement, sous la forme d’"une motion votée par les deux assemblées". En l’état actuel, le débat organisé après une déclaration du gouvernement ne sera suivi d’aucun vote.

"Il faut un vote sur l’Afghanistan", estime Jean-Pierre Chevènement dans un entretien au Parisien du 28 mars. L’ancien ministre de la défense rappelle que François Mitterrand avait sollicité un vote du Parlement, en janvier 1991, sur l’engagement de la France dans la guerre du Golfe. Une démarche exceptionnelle qui n’avait pas été mise en oeuvre depuis 1956, pour l’envoi d’un corps franco-britannique sur le canal de Suez. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, ainsi que la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, se sont pour leur part déclarés contre l’envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan.


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