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La Corée du Nord teste des missiles et menace de retarder sa dénucléarisation

AFP

samedi 29 mars 2008, sélectionné par Spyworld

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La Corée du Nord a procédé vendredi à de nouveaux tirs d’essai de missiles tout en avertissant qu’elle pourrait différer sa dénucléarisation si les Etats-Unis tardaient à résoudre un litige sur le dossier nucléaire qui piétine depuis plusieurs mois.

"Si les Etats-Unis continuent d’affirmer de façon insistante que ce qui n’existe pas existe et qu’ils retardent le règlement de la question nucléaire, cela aura de graves conséquences sur la désactivation des installations atomiques", a indiqué l’agence nord-coréenne KCNA citant un communiqué d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Nous affirmons très clairement que nous ne développons pas de programme à base d’uranium enrichi et que nous n’avons pas fourni une assistance nucléaire à quelque pays que ce soit", ajoute le texte.

Quasiment au même moment, l’agence sud-coréenne Yonhap a fait état du tir d’essai de trois ou quatre missiles de courte portée Styx par la Corée du Nord à 10H30 locales (01H30 GMT) en mer Jaune.

"Le gouvernement considère les tirs nord-coréens comme faisant simplement partie d’exercices de routine", a tempéré le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Lee Dong-Kwan, cité par Yonhap.

La Maison Blanche a pour sa part critiqué ces nouveaux tirs de missiles, les jugeant "non constructifs", et a exhorté Pyongyang à se concentrer sur le démantèlement de ses installations nucléaires.

Les derniers tirs nord-coréens de ce genre datent de juin 2007, en pleine visite des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en Corée du Nord pour discuter des modalités de dénucléarisation du régime communiste.

Ceux de vendredi interviennent dans un contexte de tension avec la voisine du Sud, dont le président conservateur Lee Myung-bak prône une ligne ferme à l’égard du régime communiste. Il souhaite notamment lier l’aide économique de son pays à des progrès tangibles sur le nucléaire.

Jeudi, les autorités nord-coréennes avaient manifesté leur mécontentement en expulsant la plupart des responsables sud-coréens d’un complexe industriel implanté dans la ville frontalière nord-coréenne de Kaesong et symbole du partenariat entre les Corée.

Les tirs de vendredi surviennent également alors que les pourparlers entre négociateurs américains et nord-coréens sur la dénucléarisation du Nord se sont enlisés. La dernière rencontre, le 14 mars à Genève, n’a permis aucune avancée.

Le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi et la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice se sont entretenus vendredi par téléphone, notamment sur la question des pourparlers à Six actuellement dans l’impasse, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Des discussions multilatérales entamées en août 2003 entre les deux Corée, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie ont abouti le 13 février 2007 à l’engagement du Nord à renoncer à ses activités nucléaires contre une aide énergétique à Pyongyang d’un million de tonnes équivalent-pétrole, vitale pour ce pays de 23 millions d’habitants qui souffrent de graves pénuries.

Depuis, le régime communiste a affiché sa bonne volonté en arrêtant son principal réacteur de Yongbyon, épine dorsale de son programme nucléaire militaire où est traité le plutonium.

A l’issue d’un nouveau cycle de négociations à Six en septembre 2007 à Pékin, il avait également accepté de désactiver totalement, à la date du 31 décembre 2007, ses trois installations de Yongbyon (dont un réacteur expérimental de cinq mégawatts) et de fournir une liste complète de ses programmes avant un démantèlement complet prévu courant 2008.

Mais Pyongyang a laissé passer la date butoir et affirme avoir fourni les informations demandées en novembre alors que Washington juge que l’intégralité des programmes d’enrichissement d’uranium et des activités de prolifération de Pyongyang n’a pas été communiquée.

La Corée du Nord, qui a procédé à son premier essai nucléaire le 9 octobre 2006, déplore pour sa part ne pas avoir reçu la totalité de l’aide énergétique promise.


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