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L’armée de terre se prépare à une cure d’austérité

Hervé Asquin, AFP

mardi 1er avril 2008, sélectionné par Spyworld

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L’armée de terre se prépare à une cure d’austérité avec la suppression d’une trentaine de garnisons et de plus d’une dizaine de régiments d’ici à 2012, selon un rapport interne publié mardi par Libération.

Interrogé par l’AFP, le ministre de la Défense Hervé Morin, s’est efforcé de temporiser. "Je ne confirme rien du tout, ce sont des documents de travail propres à l’armée de terre", a-t-il assuré. "Pour tout dire, je n’ai pas encore vu la moindre liste".

Aucune décision ne devrait selon lui être prise avant plusieurs semaines voire plusieurs mois, à l’issue des travaux de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et au vu du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, attendu désormais en mai.

Les décisions finales, du ressort du chef de l’Etat, chef constitutionnel des armées, devront tenir compte aussi d’une "réflexion interarmée", conjuguant celles des trois armes (terre, air et marine), a relevé le ministre de la Défense.

Pour autant, le document évoqué par Libération fournit une photographie "fiable" des réflexions de l’armée de terre à la date du 4 février 2008, "même s’il a évolué depuis", reconnaît le colonel Benoît Royal, chef du Service d’informations et de relations publiques de l’armée de terre (SIRPA-Terre).

Selon un proche du dossier, les suppressions de garnisons et de régiments envisagées se traduiraient par 12.000 à 13.000 suppressions de postes, dont 70% de militaires et 30% de civils, pour des effectifs actuels de 124.000 militaires et 24.000 civils.

Sous couvert de l’anonymat, un officier supérieur reconnaît qu’une "forte inquiétude" agite les rangs. "Depuis ce matin, il y a 120.000 militaires branchés sur internet", assure-t-il, soulignant que ces réorganisations auront "des conséquences très directes sur la carrière et la vie familiale de nombre d’entre eux".

Seraient supprimées les garnisons de Limoges, Lunéville, Versailles (partiellement), Noyon, Saarburg (Allemagne), Bourg-Saint-Maurice, Senlis, Bitche, Laon-Couvron, Commercy, Fontevraud (partiellement), Charleville-Mézières, Sourdun, Joigny, Chaumont, Dieuze, Rambouillet, Chateauroux, Arras, Givet, Briançon et Barcelonnette.

De plus petites implantations doivent également être dissoutes à Château-Chinon, Fourchambault, Guéret, Neuvy-Pailloux, Tulle, Langres, Saint-Florentin et Bruz.

La défense n’a pas "pour vocation première de faire de l’aménagement du territoire" a réaffirmé M. Morin mardi, même si les réorganisations devront "intégrer ces problématiques" et supposent "des politiques de développement" ainsi qu’une approche "interministérielle".

La liste des unités amenées à disparaître compterait les 8e, 12e et 402e régiments d’artillerie, les 1er, 2e et 5e régiments du génie, le 6e régiment de commandement et de soutien, le 517e régiment du train, le 601e régiment de circulation routière, le centre d’entraînement commando de Givet, le centre national d’aguerrissement à la montagne, le centre d’instruction et d’entraînement au combat en montagne et plusieurs unités du commissariat et du matériel.

Cette liste, analyse un officier, traduit "le retour d’expérience des opérations extérieures" menées par l’armée de terre, de l’Afrique centrale à l’Afghanistan, en passant par le Kosovo ou la Bosnie.

"On renforce l’infanterie et le renseignement au détriment de l’artillerie sol-air qui passe à l’armée de l’air et d’autres unités d’appui", explique-t-il.


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