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La France doit-elle reprendre "toute sa place" dans l’OTAN ?

Laurent Zecchini, le Monde

mercredi 2 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Y penser souvent, en parler le moins possible : telle sera la consigne implicite du sommet de l’OTAN s’agissant de la délicate question du retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’Alliance atlantique, qu’elle a quittée en mars 1966. Cette perspective, sur laquelle Nicolas Sarkozy devrait s’expliquer à Bucarest, pourrait se concrétiser à l’occasion du 60e anniversaire de l’Alliance, en avril 2009, c’est-à-dire avec une nouvelle administration américaine.

Les échéances françaises incitent à ne pas sauter les étapes : les conclusions du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui vont fixer les grandes priorités stratégiques de la France pour les années à venir, ne seront remises au chef de l’Etat que dans la seconde quinzaine d’avril. Un tel aggiornamento diplomatique se prépare cependant de longue haleine. Bucarest fournira des indications quant à la disponibilité des alliés, et notamment de Washington, pour "rénover" l’Alliance dans le sens voulu par Paris : l’OTAN doit tempérer ses prétentions à devenir une alliance politico-militaire "globale" risquant de "dupliquer" les Nations unies, et se recentrer sur sa vocation militaire, insiste la France.

Les Etats-Unis doivent également permettre à la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de prendre son essor, et accorder aux Européens une place plus importante dans l’organisation interne de l’Alliance. Autrement dit, le retour de la France dans la structure militaire intégrée devra se payer par l’obtention de grands commandements militaires.

Les choses bougent : l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN a fait des ouvertures très significatives sur ce point, le 22 février, pour approuver l’"indépendance" et l’"autonomie" de la défense européenne. Le débat franco-français, encore feutré, va prendre de l’ampleur au cours des prochains mois, notamment sur le point de savoir si Paris a plus à perdre qu’à gagner en renonçant à l’"exception française" : en reprenant "toute sa place" dans l’OTAN, comme dit M. Sarkozy, la France va-t-elle s’"aligner" sur Washington ou se mettre en situation de peser davantage sur les décisions de l’Organisation ?


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