dimanche 22 octobre 2017

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Le recrutement d’Occidentaux par Al-Qaeda inquiète

Charlotte Hill, AFP

vendredi 4 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Le recrutement d’Occidentaux par le réseau Al-Qaeda, évoqué cette semaine par les patrons de la CIA et de la police fédérale américaine (FBI), alarme certains experts qui estiment que le pays risque d’être « vulnérable à ce type d’infiltrations ».

Al-Qaeda recrute « des Occidentaux parce qu’ils pensent que des personnes avec des passeports valides, avec un passeport européen ou nord-américain, échapperont plus facilement aux regards et pourront entrer aux États-Unis plus facilement », a affirmé mardi au Congrès le directeur du FBI Robert Mueller.

Deux jours auparavant, le directeur de la CIA, Michael Hayden, avait fait des déclarations similaires. Ce dernier a indiqué dimanche que le réseau recrutait et entraînait des terroristes « d’allure occidentale ».

Ce sont « des agents qui n’attireraient pas l’attention au contrôle des douanes à l’aéroport Dulles (de Washington) s’ils étaient dans votre file d’attente quand vous rentrez de l’étranger », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision NBC.

« Ils pourraient être n’importe qui », résume pour l’AFP Matthew Levitt, expert au Washington Institute for Near East Policy, ajoutant que ce qui inquiète les États-Unis est que des extrémistes « puissent peut-être venir avec des passeports valides grâce aux programmes d’exemption de visas » en vigueur avec de nombreux pays occidentaux.

Pour Ted Galen Carpenter, expert au Cato Institute, il est très difficile d’évaluer quantitativement le nombre de personnes concernées, qu’il s’agisse de natifs de pays occidentaux ou de personnes ayant une allure occidentale, notamment des Musulmans en provenance de Bosnie ou du Kosovo. « On parle certainement en milliers, mais combien ? », se demande-t-il.

« Il y a certainement assez peu de sympathisants pour des organisations de ce type en Occident, mais ils n’en ont pas besoin de beaucoup », ajoute l’expert.

« Al-Qaeda cherche des moyens de déjouer toutes les méthodes que peuvent employer les Américains ou d’autres gouvernements pour établir des profils types », et « il faut avoir conscience qu’une vaste société ouverte comme les États-Unis ou l’Union européenne sera vulnérable à ce type d’infiltrations et de danger », poursuit-il.

Matthew Lewitt rappelle quant à lui que le Britannique Richard Reid, qui avait tenté, en décembre 2001, de faire exploser à l’aide d’une chaussure piégée un Boeing d’American Airlines, « avait un passeport occidental » et qu’il y a eu d’autres cas similaires.

Il précise qu’il vient de rencontrer à Paris des responsables de la lutte antiterroriste qui ont « fait de cette question une source d’inquiétude ». « Les responsables allemands et britanniques sont également soucieux », selon lui. Selon l’hebdomadaire Newsweek, les déclarations du directeur de la CIA ont été provoquées par une enquête rendue publique l’an dernier par les autorités allemandes sur une cellule terroriste liée à un groupuscule d’origine ouzbèke, et dirigée par Fritz Gelowicz, un Allemand de souche converti à l’islam, aujourd’hui emprisonné en Allemagne.

Mais pour Brian Jenkins, expert en terrorisme à la Rand Corporation, même si les inquiétudes persistent sur la possibilité d’avoir des « individus qui viennent aux États-Unis pour perpétrer des attentats terroristes (...), la principale inquiétude porte actuellement sur (...) des terroristes locaux. Des citoyens américains qui vivent bien ici ».

L’appel à des agents extérieurs « n’est pas courant dans nos observations depuis le 11 septembre », dit-il. « Dans les attentats en Turquie, en Espagne à Londres, dans les complots déjoués en Allemagne, au Danemark et ailleurs, il ne s’agissait pas d’équipes de terroristes venues de l’étranger, elles venaient toutes de l’intérieur ».


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