dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > La CIA a envoyé des détenus soupçonnés de terrorisme en Jordanie

La CIA a envoyé des détenus soupçonnés de terrorisme en Jordanie

AFP

mardi 8 avril 2008, sélectionné par Spyworld

logo

La CIA a secrètement envoyé au moins 14 détenus soupçonnés de terrorisme en Jordanie entre 2001 et 2004, faisant de ce pays le numéro un du "transfèrement" de prisonniers à cette époque, a indiqué mardi l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport.

"Alors qu’une poignée de pays recevaient des personnes transférées par les Etat-Unis pendant cette période, aucun autre n’en a détenu autant que la Jordanie", souligne dans un nouveau rapport l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à New York.

Les prisonniers étaient interrogés et torturés par les services secrets jordaniens (General Intelligence Department, GID), selon ce rapport qui met au jour le cas de huit détenus qui n’étaient pas connus jusqu’à présent.

Les responsable du GID, interrogés par HRW en 2007 à Amman, ont nié avoir dû prendre en charge des prisonniers et les avoir torturés. Mais l’ONG estime que leurs dénégations sont peu convaincantes "étant donné le poids des preuves apparues par ailleurs."

Ce rapport "est largement basé sur des informations de première main provenant d’anciens prisonniers détenus en même temps que les suspects de terrorisme non-jordaniens", précise l’ONG.

"Nous avons recensé plus d’une douzaine de cas qui ont été envoyés en Jordanie pour être torturés", relève Joanne Mariner, directrice du programme terrorisme et contre-terrorisme à Human Rights Watch.

Les prisonniers transférés en Jordanie comprennent au moins cinq Yéménites, trois Algériens, deux Saoudiens, un Mauritanien, un Syrien, un Tunisien et un ou plusieurs Tchétchènes, indique HRW.

Il pourrait y avoir également un Libyen, un Kurde irakien, un Koweitien, un ou plusieurs Egyptiens et un Emirati.

Le rapport comprend un extrait d’une note manuscrite d’un prisonnier transféré pendant qu’il était détenu fin 2002. Le prisonnier se trouve maintenant à Guantanamo Bay, à Cuba.

Ce prisonnier, Ali al-Hajj al-Sharqawi, affirme que les membres du GID qui l’interrogeaient l’ont battu "sans limite".

"Ils m’ont menacé avec de l’électricité, avec des serpents, des chiens (...) Ils ont menacé de me violer," écrit-il dans sa note.

Une des tortures communément employées consistait en des coups répétés sur la plante des pieds.

"La torture externalisée dans d’autres pays n’est pas seulement injustifiée mais aussi illégale," souligne Joanne Mariner. "Et les Etats-Unis ne peuvent prétendre ne pas torturer s’ils envoient les gens dans des pays qui le font", a-t-elle remarqué.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :