jeudi 19 octobre 2017

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La menace terroriste plane-t-elle sur Pékin ?

C.J., le Figaro, avec AFP

jeudi 10 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Les autorités chinoises assurent avoir démantelé, dans la région musulmane du Xinjiang, un groupe terroriste qui se préparait à kidnapper des athlètes et des visiteurs étrangers durant les JO.

Tentative chinoise de distraire l’attention des médias occidentaux, en pleine polémique avec les militants des droits de l’homme, ou inquiétante vérité ? Les autorités chinoises ont affirmé jeudi avoir démantelé deux groupes terroristes dans la région autonome musulmane du Xinjiang, au nord-ouest du pays. Le premier réseau, qui serait composé de 35 personnes, entendait enlever des athlètes, journalistes et touristes étrangers, présents pour la compétition, afin de « provoquer un retentissement international afin de saboter les jeux Olympiques », assurent les autorités chinoises.

Lors des perquisitions effectuées entre le 26 mars et le 6 avril à Urumqi, la capitale du Xinjiang, des armes, des explosifs et « du matériel de propagande concernant la guerre sainte » ont également été découverts, a précisé le porte-parole de la police chinoise. D’après les enquêteurs, le groupe préparait des attaques suicide à Urumqi et d’autres villes chinoises. Toujours selon les autorités chinoises, une stratégie semblable animait le second réseau, mis à jour en janvier dernier. Ce groupe, venu de l’étranger à l’initiative du Mouvement islamique du Turkestan oriental, prévoyait des actions dans la capitale chinoise et à Shanghai, à l’aide d’explosifs, de viande empoisonnée et de gaz toxiques. Ses 10 membres étaient chargés de mettre sous surveillance des hôtels, des bâtiments officiels et des installations militaires des deux mégalopoles. Le chef et ses complices ont avoué, a assuré la police, pour qui la Chine « fait face à une menace terroriste réelle ».

La Chine brandit-elle un épouvantail ?

Une crainte qui est loin de faire l’unanimité dans la communauté internationale. La menace terroriste islamiste agitée par la Chine, semble exagérée, estiment des analystes et défenseurs des droits de l’Homme, qui voient dans cette révélation un moyen pour Pékin de mettre en avant son contrôle sans faille sur les JO. Entretenant des liens avec al-Qaïda, le Mouvement islamique du Turkestan oriental, présenté comme une menace récurrente par Pékin, aurait certes eu jusqu’à un millier de combattants mais a souffert de lourdes pertes dans le conflit afghan après le 11 septembre 2001.

Les spécialistes de la sécurité soulignent également que la Chine fournit peu de détails sur les réseaux qu’elle annonce régulièrement avoir démantelés, ce qui nuit à une lutte anti-terroriste internationale efficace. L’accès à la région du Xinjiang est strictement contrôlé et les sources d’informations indépendantes inexistantes. Près de 10 millions de musulmans, notamment des Ouïgours turcophones, vivent dans cette région autonome et certains groupes continuent à se battre pour l’indépendance du « Turkestan oriental », qui a connu une existence éphémère avec deux Républiques entre 1930 et 1949.


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