vendredi 15 décembre 2017

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Défense nationale : Rick Hillier démissionne

Radio-Canada.ca, avec Presse canadienne

mardi 15 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Le chef d’état-major de la Défense nationale, le général Rick Hillier, a remis sa démission, mardi.

Le général Hillier n’a pas divulgué les raisons qui ont motivé son départ, qui est prévu, par ailleurs, pour le 1er juillet prochain.

Il a toutefois émis un communiqué en fin d’après-midi qui indique qu’il a décidé lui-même de prendre sa retraite et qui semble indiquer qu’il avait accompli sa mission.

"J’ai pris la décision de prendre ma retraite des Forces canadiennes et, ainsi, de quitter le poste de chef d’état-major de la défense dès juillet prochain." — Rick Hillier

Le général précise dans le communiqué que son but était de « mettre en place les éléments requis pour que nos hommes et femmes de l’armée, de la marine, et de l’aviation réussissent toutes les tâches reliées à la défense du Canada, aux valeurs et aux intérêts du Canada. Nous avons atteint ces objectifs-clé, ainsi que toutes les étapes critiques que j’avais prévues avant la fin de mon terme en tant que chef d’état-major ».

Le général devrait rencontrer la presse en début de soirée.

Des questions de l’opposition

À la période de questions, aux Communes mardi après-midi, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a demandé au premier ministre s’il y avait un lien entre le départ du général et la « bourde diplomatique » du ministre de la Défense. Stephen Harper

Lundi, Maxime Bernier se demandait si le gouverneur de Kandahar était la meilleure personne pour occuper le poste de gouverneur, laissant entendre qu’il devrait partir.

Mais le premier ministre Stephen Harper n’a pas voulu répondre à la question. Il s’est contenté de félicitations d’usage envers une personne qui quitte un poste.

« Le général Hillier a bien travaillé avec le gouvernent, il a fait un travail excellent dans la reconstruction des Forces canadiennes. Il est un grand Canadien, et nous sommes fiers d’avoir travaillé avec lui », a-t-il dit au chef du Bloc, en guise de réponse à sa question.

36 ans au service de son pays

Le général Hillier été nommé chef d’état-major en février 2005 par le premier ministre libéral Paul Martin. Âgé de 53 ans, il est très populaire auprès des soldats qui le reconnaissent comme un officier pour qui le bien-être des troupes passe avant tout. Les militaires appréciaient aussi l’augmentation des budgets militaires et plusieurs achats importants d’équipements survenus sous sa direction.

Originaire de Terre-Neuve, Rick Hillier est un militaire de carrière qui a servi au Canada, en Europe et aux États-Unis, ainsi qu’au sein des forces de l’ONU et de l’OTAN en ex-Yougoslavie et en Afghanistan. Diplômé en sciences de l’Université Memorial, Rick Hillier s’est joint à l’armée canadienne il y a 36 ans comme officier de blindés avec la seule ambition « d’être un soldat ».

À la tête des Forces canadiennes depuis trois ans, c’est sous son commandement que l’armée canadienne a entrepris sa mission de combat dans le sud de l’Afghanistan. Le général Rick Hillier, chef d’état-major des Forces canadiennes en visite à Kandahar

Bien qu’il ait été nommé par les libéraux, le général Hillier a été maintenu dans ses fonctions par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en dépit de quelques désaccords avec l’ex-ministre de la Défense, Gordon O’Connor. Le général Hillier entretenait toutefois de bons rapports avec l’actuel ministre de la Défense, Peter MacKay.

Il s’est aussi illustré ces derniers mois dans l’opinion publique par ses interventions dans le débat sur la prolongation de la mission canadienne en Afghanistan.

En février dernier, notamment, il avait pris la parole publiquement pour expliquer aux Canadiens que leurs troupes ne peuvent demeurer dans le sud de l’Afghanistan autrement qu’en étant impliqués dans des missions de combat.

Le général a aussi publiquement contredit le gouvernement Harper sur certaines questions, notamment en affirmant que les Afghans ne seraient pas prêts à assurer leur propre sécurité avant au moins dix ans plutôt que trois, comme ce que laissait entendre le gouvernement dans son discours du Trône.

Selon certaines rumeurs, son franc-parler, parfois très direct, déplaisait au premier ministre Stephen Harper.

Le chef d’état-major Hillier laisse néanmoins une armée canadienne mieux équipée et renforcée après des années de compressions budgétaires et de non-renouvellement du matériel désuet.

À son arrivée à la tête de l’état-major, Rick Hillier succédait au général de l’armée de l’air Ray Henault, qui a occupé la fonction pendant cinq ans.


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