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Le SCRS change ses méthodes pour traquer le terrorisme financier international

La Presse Canadienne

lundi 21 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) a dû changer de méthode de surveillance du financement des terroristes, après avoir constaté que des groupes clandestins contournaient les dispositions législatives mises sur pied à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

Ce nouveau modèle prend en compte la parcellisation des sources de financement et de leurs usages. Il compte cinq étapes : récolte des fonds, centralisation, transmission aux organisations terroristes, transmission aux cellules opérationnelles, dépense. Le modèle intègre aussi les nouvelles méthodes de transfert de fonds utilisées par les terroristes. Les systèmes de paiement par Internet ont leur préférence par rapport au système bancaire classique, trop rigide.

D’après le SCRS, c’est parce que les autorités canadiennes ne disposent pas de la stratégie nécessaire pour détecter les flux financiers terroristes que ces changements ont eu lieu.

"Pour comprendre le fonctionnement du terrorisme financier et mettre en oeuvre une stratégie commune afin d’y répondre, il faudrait disposer d’un modèle global", note une étude de 2007 réalisée par le Centre intégré d’évaluation des menaces (CIEM), dépendant du SCRS. "Actuellement, il n’existe pas de tel modèle".

Les capacités du pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme financier ont également été mises en question par le Groupe d’action financière (GAFI), un organisme international dédié à la lutte contre le crime financier.

Dans un rapport paru en février 2008, le GAFI émet de sérieux doutes sur l’efficacité du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (Canafe) dont la fonction consiste à détecter les transferts financiers illicites.

Le GAFI note qu’aucun cas de blanchiment d’argent ou de terrorisme financier n’a été mis à jour grâce aux renseignements du Canafe avant 2007.

Selon le Canafe, ces critiques sont infondées et ne reflètent pas la réalité du crime financier organisé au Canada dont une des particularités serait d’utiliser les oeuvres de charité comme couverture.

"Plus d’un tiers des activités financières supposées terroristes identifiées par le Canafe sont liées à des oeuvres de charité et autres organismes à but non lucratif", note à ce sujet le GAFI.

Selon le SCRS, le problème viendrait plutôt de la méthode utilisée pour suivre les flux financiers.

Un point de vue partagé par Chris Mathers, un ancien officier de la GRC et expert en sécurité.

"Les techniques actuelles pour détecter le blanchiment d’argent, qui sont aussi utilisées pour la plupart des enquêtes sur le terrorisme financier, sont, à la base, conçues pour détecter les transactions liées au commerce de la drogue", observe M. Mathers.

"Mais le problème est que les sommes d’argent utilisées pour financer les activités terroristes sont si petites par rapport au trafic de drogue qu’il n’est pas pertinent d’utiliser les mêmes techniques dans les deux cas", ajoute Chris Mathers.


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