jeudi 19 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Pour Washington, Pyongyang a aidé Damas à construire un réacteur (...)

Pour Washington, Pyongyang a aidé Damas à construire un réacteur nucléaire

jeudi 24 avril 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Les Etats-Unis estiment que la Corée du Nord a bien aidé la Syrie à construire un réacteur nucléaire. Le renseignement américain devrait confirmer au Congrès, jeudi 24 avril, des soupçons persistants depuis septembre 2007 et un mystérieux raid par l’aviation israélienne en Syrie contre ce qui était un site nucléaire construit en secret avec la Corée du Nord.

L’administration Bush s’est murée depuis dans le silence sur cette possible collaboration entre deux de ses bêtes noires. Cette coopération aurait eu lieu alors que le gouvernement américain s’efforçait d’obtenir la dénucléarisation de la Corée du Nord et un inventaire de toutes ses activités nucléaires, y compris ses activités proliférantes.

Le renseignement pense que la Corée du Nord a effectivement aidé la Syrie avant et après la destruction du réacteur. Le réacteur aurait été anéanti avant de recevoir du combustible nucléaire et avant d’entrer en service. Pour les Américains, ce réacteur "n’était pas destiné à produire de l’électricité". "S’il avait été terminé, le réacteur aurait pu produire du plutonium pour des armes nucléaires, mais il a été détruit avant", indique un responsable américain qui a demandé l’anonymat.

Selon le New York Times et le Washington Post, le Congrès devrait voir un document vidéo démontrant l’aide de la Corée du Nord à la Syrie. Les deux journaux indiquent que le document filmé montrait des Coréens du Nord présents dans la base secrète syrienne, répondant au nom de code Al Kibar.

"NOUS DÉMENTONS CES RUMEURS"

Pour sa part, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar Jaafari, a rejeté, mercredi, les affirmations américaines. "Nous l’avons dit plusieurs fois dans le passé. Il n’y a eu aucune coopération syro-nord-coréenne de quelque sorte que ce soit en Syrie," a-t-il affirmé. "Nous démentons ces rumeurs."

Le président George W. Bush, qui quitte la Maison Blanche en janvier 2009, espère remporter un succès diplomatique considérable en obtenant avant de partir la dénucléarisation de la Corée du Nord, qui a procédé à son premier essai d’une bombe atomique en 2006. Cet effort diplomatique, relancé en 2007, a paru freiné au cours des derniers mois. Les agissements présumés de la Corée du Nord en Syrie et plus généralement ses activités proliférantes, dont les Etats-Unis réclament le tableau complet et exact, sont la cause première de ces piétinements. Une collaboration entre la Corée du Nord et la Syrie peut alimenter la critique des ultra-conservateurs.

Cependant, l’administration Bush a paru récemment rabaisser ses exigences vis-à-vis de la Corée du Nord, dans l’intention apparente de préserver le processus. Une éventuelle collaboration entre Pyongyang et Damas pose la question de la part que la Corée du Nord aurait prise ou non dans la confirmation de cette collaboration. Ce serait la deuxième interférence du renseignement et de la diplomatie en quelques mois. La première avait été, en décembre 2007, le rapport minimisant l’avancement du programme nucléaire iranien.

Image de la base secrète syrienne répondant au nom de code Al-Kibar, le 5 août 2007. Le "Washington Post" et le "New York Times" ont annoncé qu’un document filmé montrant des Coréens du Nord présents dans cette base serait présenté au Congrès. - AP

La même base secrète le 23 avril 2008. L’ambassadeur de Syrie à l’ONU, Bachar Jaafari, a rejeté, mercredi, les affirmations américaines. "Il n’y a eu aucune coopération syro-nord-coréenne (...) en Syrie". - AP


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :