dimanche 22 octobre 2017

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Les services secrets britanniques accusés de torture

Le Monde

mardi 29 avril 2008, sélectionné par Spyworld

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Des officiers des services de sécurité britannique, le MI5, auraient indirectement torturé des individus suspectés d’activités terroristes. Ils auraient "sous-traité" avec des agents secrets pakistanais pour effectuer cette tâche. C’est The Guardian qui l’affirme, dans son édition de mardi 29 avril.

L’information se fonde sur les témoignages de suspects de nationalité britannique, arrêtés au Pakistan à la demande des autorités britanniques. Les interrogatoires du MI5 auraient été menés peu après ceux des services secrets pakistanais, qui auraient usé de la torture sur ces suspects. Cela conduit leurs avocats à penser que le MI5 aurait agi en connaissance de cause.

"Je n’ai aucun doute sur le fait que, dans le pire des cas, les services de sécurité britannique ont prémédité la détention illégale et l’emploi de la torture sur des citoyens britanniques, affirme, dans The Guardian, Tayab Ali, l’avocat basé à Londres de deux des suspects. "Dans le meilleur des cas, ils ont fermé les yeux", poursuit-il.

"PRIVÉ DE SOMMEIL, FOUETTÉ ET MENACÉ"

Un homme venant de Manchester déclare qu’en 2006 il a été frappé, fouetté, privé de sommeil et que des agents pakistanais lui auraient retiré trois ongles de la main au centre de Rawalpindi (province du Pendjab), avant son interrogatoire par les officiers du MI5. Au même moment, certains de ses présumés associés étaient entendus à Manchester.

Dans un autre article, The Guardian relate le témoignage d’un deuxième détenu au Pakistan. L’homme, originaire de Luton (près de Londres), déclare "avoir été privé de sommeil, fouetté, et menacé avec une perceuse électrique", probablement dans le même centre, celui de Rawalpindi.

"La défense du MI5 se basera probablement sur le fait que les officiers n’avaient aucune raison d’être au courant des activités de torture de l’agence pakistanaise. Mais cette position, les avocats des suspects et les militants des droits de l’homme au Pakistan en font peu de cas. Un détective de Scotland Yard spécialisé dans le contre-terrorisme a même admis, en privé, qu’il y avait de fortes chances pour que l’homme de Luton ait été torturé", affirme The Guardian.

Depuis 1988, les autorités britanniques ont interdiction d’"infliger des douleurs sévères et provoquer de la souffrance", ou d’être complices de tels actes, où que ce soit dans le monde. Ce crime peut être puni par une peine de prison à perpétuité.


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