jeudi 19 octobre 2017

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En 32 ans... 20 milliards d’euros pour les opérations extérieures

Jean Guisnel, Le Point.fr

vendredi 2 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Voila une compilation qu’il fallait penser à faire : additionner le coût des opérations extérieures des armées françaises depuis qu’il est disponible, c’est à dire depuis 1976. L’article de l’économiste Jean-Paul Hébert est sorti dans le dernier numéro de la revue Le Débat stratégique éditée par le CIRPES (Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d’études stratégiques).

Qu’y apprend-on ? Qu’au lieu de "coût" des opérations extérieures, il faut parler de "surcoût", les dépenses considérées étant celles qui dépassent le budget annuel de la défense initialement voté par le Parlement.

On apprend également que la République a consacré 20 milliards d’euros à ces opérations depuis trente-deux ans, l’essentiel de ces sommes (55 à 60 %) ayant été versé en supplément de soldes consentis aux soldats engagés sur les théâtres extérieurs. L’auteur note à ce propos que le terme "extérieur" est apparu tardivement, la contraction OPEX désignant initialement les opérations "exceptionnelles".

20 milliards d’euros, c’est beaucoup sans doute. Mais si on se rapporte au tableau publié avec l’article (seulement dans l’édition papier du journal), on constate quelques éléments intéressants. Tout d’abord, le budget des opérations extérieures relativement modeste de 1976 (25 millions d’euros constants 2008) à 1982 (188 millions d’euros), avec un pic en 1978 dû à l’opération de Kolwezi (289 millions d’euros), a explosé après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir. En 1983, il monte à 445 millions d’euros, puis à 677 en 1984. Les dernières années du septennat Mitterrand seront les plus dépensières, avec 1 118 millions d’euros en 1991 (guerre du Golfe), 1 190 en 1993 (Balkans) et 1 086 en 1994 (Rwanda).

Depuis, les budgets consacrés aux opérations extérieures n’ont plus jamais atteint de tels pics, et celui de 2008 est pour l’instant estimé à 850 millions d’euros. On retiendra que les OPEX des années Giscard ont coûté en moyenne 148 millions d’euros. Celles des années Mitterrand 697 millions d’euros, soit près de cinq fois plus. Certes, le nombre d’années prises en compte n’est pas comparable, et la fin de la Guerre froide a été propice aux conflits émergents, mais quelle augmentation ! Quant aux années Chirac, elles poursuivent le mouvement à la hausse, mais plus modérément, avec une moyenne de 738 millions d’euros. On n’aurait garde de suivre Hébert quand il remarque que les OPEX, c’est "un porte-avions tous les trois ans", mais on constate avec lui que la présence militaire française dans les Balkans a coûté 6 milliards d’euros depuis 1992, contre 2 milliards d’euros pour le Tchad et la RCA, 1,2 pour l’Afghanistan, 1 milliard pour la Côte d’Ivoire et 375 millions d’euros pour le Liban.


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