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Les autorités belges soupçonnent la Chine d’espionner leurs réseaux informatiques

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 3 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Les services belges de renseignement civils et militaires enquêtent sur des attaques dirigées depuis quelques semaines contre les réseaux informatiques des autorités fédérales. Ces tentatives de piratage sont apparemment conduites depuis la Chine. Jo Vandeurzen, ministre de la justice, a confirmé, vendredi 2 mai, que le gouvernement belge soupçonne Pékin sans avoir pu fournir, jusqu’ici, de preuves définitives. Mais "le contexte et toutes les pistes mènent vers la Chine", souligne le ministère de la justice qui dit, par ailleurs, ignorer si les pirates ont atteint leur but. Selon M. Vandeurzen, le rôle de la Belgique en Afrique centrale et le fait que Bruxelles abrite à la fois l’OTAN et l’Union européenne (UE) expliqueraient l’intérêt très particulier des autorités chinoises.

"Une enquête est en cours, mais nous avons plus que des soupçons", indique de son côté un porte-parole du ministère belge des affaires étrangères. Il y a quelques semaines déjà, le ministre Karel De Gucht avait indiqué au Parlement que son département était l’objet d’attaques ciblées, sans doute menées par des services chinois. A la Sûreté de l’Etat, les services de renseignement civils, on parle d’une "menace réelle".

ACTIVITÉS AUX PAYS-BAS

Les autorités belges s’étaient jusqu’ici montrées discrètes sur les tentatives d’espionnage menées par la Chine sur leur territoire. En 2005, des informations quant à l’existence d’un réseau multinational de renseignement piloté depuis la Belgique sont restées sans suite. Une association d’étudiants chinois, particulièrement active à l’université flamande de Louvain, avait été montrée du doigt. Elle servait apparemment de façade à un réseau de collecte d’informations dans les domaines scientifique, pharmaceutique et technologique. Dans d’autres Etats européens, des associations d’étudiants et de stagiaires chinois directement liées à la diplomatie de leur pays font l’objet de beaucoup d’attention. A Pékin, le ministère de la sécurité publique et une branche spéciale du renseignement militaire contrôleraient ces associations, affirme un expert de l’UE.

La Belgique n’est pas la seule visée en Europe. Au début d’avril, les services de renseignement néerlandais (AIVD) avaient souligné la forte croissance des activités d’espionnage chinoises (et russes) aux Pays-Bas. De fortes pressions seraient exercées, dans ce pays, sur des membres de la diaspora chinoise afin qu’ils obtiennent des informations sur les réseaux de technologies de l’information et les "structures vitales du pays", affirmait l’AIVD.

En août 2007, la chancelière allemande Angela Merkel avait confié au président chinois son inquiétude quant à la résurgence des activités d’espionnage dans son pays. Le ministère chinois des affaires étrangères avait, par la suite, évoqué des accusations "sans fondement". Plusieurs départements ministériels britanniques ont également eu affaire à des tentatives d’espionnage, menées notamment par l’armée chinoise. Aux Etats-Unis, le FBI affirme que l’espionnage au profit de Pékin croît de 20 % à 30 % par an. Il vise essentiellement le secteur des technologies civiles.


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