samedi 21 octobre 2017

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EADS et Thales en concurrence pour le rachat d’Atlas Elektronic

Dominique Gallois et Adrien de Tricornot (à Francfort), le Monde

vendredi 16 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Tandis que les rumeurs ont repris autour de Thales, le groupe d’électronique et de défense repart à l’offensive. Il a confirmé jeudi 15 septembre s’être porté candidat au rachat d’Atlas Elektronik, la filiale allemande d’activités navales du groupe d’aéronautique et de défense britannique BAE Systems.

Le franco-allemand EADS et l’allemand ThyssenKrupp sont également sur les rangs pour acquérir cette société spécialisée dans l’électronique sous-marine (systèmes de guidage, radars, sonars), qui a réalisé un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros en 2004.

Selon la presse allemande, EADS et ThyssenKrupp pourraient s’allier pour reprendre Atlas Elektronik. Les deux groupes se refusent à tout commentaire.

De son côté, Denis Ranque, président de Thales, a défendu ce projet de rachat lors de la présentation des résultats semestriels jeudi 15 septembre. "La combinaison de nos deux activités en ferait un leader mondial de l’électronique sous-marine ", a-t-il déclaré.

Thales risque d’être confronté à des réflexes protectionnistes. En effet, le ministère allemand de l’économie a indiqué jeudi que le dossier de l’acquéreur, quel qu’il soit, serait étudié pour voir si, selon la réglementation en vigueur, " les intérêts essentiels de la sécurité de l’Allemagne" justifient un veto.

"Notre offre n’est pas hostile mais amicale" , a répondu M. Ranque, qui n’exclut pas d’y associer un partenaire allemand. "L’offre est bien reçue par les syndicats, le management, et par les autorités locales de Brème" , a-t-il souligné.

"UN SUJET DE RÉFLEXION"

L’activité navale est l’un des pôles de développement de Thales, qui devrait se rapprocher de DCN. M. Ranque se dit "paisible et confiant" sur ce dossier, même s’il avance lentement depuis un an.

Créée en 2003, "DCN est une jeune société" : la Direction des chantiers navals était jusqu’alors un service administratif. Thales examine les comptes de cette société "dont le bilan est neuf" . "Je ne peux pas laisser le marché suspecter que l’affaire ne soit pas bonne pour Thales ", a ajouté M. Ranque. Le groupe devait entrer ensuite au capital de l’entreprise publique à hauteur d’environ 35 % et apporter des actifs navals militaires.

Les rumeurs d’un rachat de Thales par EADS ont repris récemment. Ce qui exaspère M. Ranque, qui dit hésiter "entre la lassitude et l’agacement". Chez EADS, mercredi, Noël Forgeard, le coprésident exécutif, affirmait au Figaro que Thales "est un sujet de réflexion, de discussions et de rencontres comme d’autres en Europe".

Le même jour, dans un entretien au Financial Times avec son homologue allemand Thomas Enders, il confiait : "Nous avons des contacts avec Thales. Il y a des études et des réflexions mais rien de spécial."

Arnaud Lagardère, président du groupe du même nom, actionnaire à 15 % d’EADS, relativisait : c’est "une des opportunités" mais elle n’est "pas à l’ordre du jour" .

Thales a déjà vécu deux tentatives de raid de la part d’EADS, l’une début 2003, la seconde en novembre 2004. Le groupe franco-allemand était soutenu par le pacte d’actionnaires de Thales, qui associe l’Etat (31,3 % du capital) à Alcatel (9,5 %) et à Dassault (5,7 %).

Depuis, les actionnaires réfléchissent à différents scénarios de rapprochement de Thales avec Alcatel, EADS ou l’italien Finmeccanica.

En juin, Dassault a exprimé son intention de se désengager du capital. Charles Edelstenne, patron de Dassault Aviation, a indiqué jeudi que cela devrait intervenir "dans les prochains mois" .

Interrogé sur un rapprochement avec Finmeccanica, M. Ranque a souligné les " nombreux liens avec Thales" . "Toutes les routes sont ouvertes , a-t-il néanmoins précisé. Thales a les moyens d’être le consolidateur de l’industrie de l’électronique de défense plutôt que le consolidé."


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