samedi 21 octobre 2017

Accueil du site > Défense > France > Petits secrets autour des chars Leclerc

Petits secrets autour des chars Leclerc

Jean Guisnel, le Point.fr

mercredi 7 mai 2008, sélectionné par Spyworld

logo

À la suite des informations du Point.fr sur la vente souhaitée par le gouvernement de 120 chars Leclerc actuellement en service dans l’armée de terre, une certaine agitation s’est produite et l’état-major des armées a sorti ses chiffres des cartons.

Voilà ce que nous avons appris, de bonne source : actuellement, les chars Leclerc de l’armée française, dans leurs différents modèles, sont au nombre précis de 346. Premier étonnement : sur ce total, seuls 141 engins sont disponibles, ce qui revient à dire que 205 (59 % !) ne le sont pas. Pour les chars Leclerc, l’armée de terre a calculé un "potentiel", une sorte de temps moyen idéal de fonctionnement de 100 heures par an. Pour 140 chars en état de marche, et en fonction du contrat de soutien-moteur passé avec la société Wärtsila, l’état-major dispose donc de 14 000 heures.

Le chef d’état-major de l’armée de terre a procédé à la répartition de ces heures de la manière suivante : 2 000 heures par an pour les quinze chars présents au Liban. Soit 133 heures par an et par char. 5 500 heures pour l’ensemble des 43 chars affectés au camp de Mourmelon où ils servent à l’entraînement des équipages à la manoeuvre. 3 700 heures pour les 24 chars présents au camp de Canjuers et spécialisés dans l’entraînement au tir. Puis 400 heures pour l’école de Saumur. Et enfin le plus étonnant : les quatre régiments de chars Leclerc disposent théoriquement de 80 chars chacun.

En réalité, compte tenu des indisponibilités et de la PEGP (Politique d’emploi et de gestion des parcs), chaque régiment ne peut compter que sur 10 Leclerc pour "maintenir son savoir-faire de base". Le potentiel attribué à chaque unité est de 600 heures par an, pour 10 engins. Simple calcul : chaque équipage peut rouler 60 heures par an... auxquelles s’ajoutent, certes, les heures en simulateurs. C’est peu dire que l’armée de terre vit mal cette situation. Elle s’estime également victime d’une relation détériorée entre la DGA (Délégation générale pour l’armement) et le constructeur Nexter, dont le bras de fer - perdu par la DGA - a entraîné une annulation de contrat de fourniture de pièces détachées Leclerc pour l’année 2006.

Si tout s’arrange dans les mois qui viennent, donc si les flux de pièces détachées redémarrent, le potentiel des Leclerc passera de 14 000 en 2008 à 20 000 en 2009 et 27 000 en 2010. Dur, dur d’être "cavalier lourd" durant cette période de vaches maigres. Et ce n’est qu’un début !

Un char Leclerc à l’entrainement © Christian Lantenois / MAXPPP


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :