jeudi 14 décembre 2017

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Les cybercriminels s’intéressent aux données personnelles

Eric Nunès, le Monde

mercredi 7 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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La confidentialité des données n’existe pas sur les réseaux sociaux. Le partage d’informations personnelles est même la raison d’être de LinkedIn, Copainsdavant, MySpace, etc. Facebook, la vedette des sites communautaires (70 millions d’utilisateurs revendiqués), a été créé "pour vous faciliter le partage d’information avec vos amis et vos connaissances", souligne d’ailleurs la société californienne. Nom, prénom, courrier électronique, numéro de téléphone, adresse, parcours scolaire, sexe... autant de données réclamées aux nouveaux venus avec l’intention déclarée de les exploiter.

Les responsables de ces sites ne sont pas les seuls à se servir de ces informations que les utilisateurs essaiment sur leurs pages. Début mai, des journalistes de la BBC ont réalisé, sans connaissance en informatique pointue, une application capable de soutirer de nombreux détails sur les profils d’utilisateurs de Facebook : tests, jeux et quiz en tout genre pullulent et se transmettent comme un virus sur ce réseau. Il suffit de glisser au sein de la communauté en ligne un programme malveillant, déguisé en jeu, pour obtenir à l’insu des internautes nombre de leurs données personnelles.

"RISQUE MONTANT"

Déjà en 2007, des spécialistes de la sécurité informatique s’étaient penchés sur les failles des réseaux sociaux. Sur Facebook, les utilisateurs dévoilent des éléments "que la plupart des gens refuseraient de donner à un inconnu dans la rue ou en réponse à un message de spam", soulignait Michel Lanaspèze, directeur marketing de Sophos, spécialiste en sécurité des réseaux. Des données qui peuvent permettre la réalisation de programmes malveillants personnalisés, de deviner des mots de passe ou même d’usurper une identité.

Laisser les cybercriminels piocher dans cette base est "le risque montant", note Bernard Dutreuil, directeur du département "systèmes et moyens de paiement" à la Fédération bancaire française. "Le détournement de l’identité d’un individu, la récupération d’éléments à caractère personnel, serviront aux malfaiteurs à se faire passer pour un autre afin de commettre des délits, des achats avec des moyens de paiement usurpés", précise-t-il.

"La rapidité avec laquelle les réseaux sociaux tels que Facebook ont été adoptés a inévitablement été exploitée par les cybercriminels, désireux d’ajouter le contenu de ces sites à la palette des instruments à leur disposition", constate encore, dans son rapport annuel, Mark Sunner, chef analyste au sein de la société MessageLabs, spécialiste en sécurité Internet.

Les réseaux sociaux seraient donc de véritables mines d’informations personnelles à ciel ouvert. Sur Facebook, les conditions générales précisent que "les utilisateurs postent du contenu à leurs propres risques".


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