dimanche 22 octobre 2017

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Enlèvement présumé par la CIA d’un islamiste égyptien : Silvio Berlusconi sera appelé à la barre

AP

mercredi 14 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Un juge italien a décidé que le président du Conseil Silvio Berlusconi serait appelé à la barre en tant que témoin dans le procès de 26 Américains et 5 Italiens inculpés pour l’enlèvement présumé organisé par la CIA en 2003 d’un religieux égyptien à Milan.

Le juge Oscar Magi a accédé à la demande de la défense à la reprise de ce procès mercredi. Magi a décidé que l’ancien président du Conseil Romano Prodi serait également convoqué pour être entendu.

Berlusconi, qui vient d’être réélu pour un nouveau mandat, est considéré comme un témoin-clé dans cette affaire dans la mesure où il était au pouvoir au moment de la disparition, le 17 février 2003, d’Oussama Moustafa Hassan Nasser, également connu sous le nom d’Abou Omar, un prédicateur considéré par les Etats-Unis comme un membre d’un groupe terroriste islamiste.

La Centrale américaine de renseignements s’est toujours refusée à tout commentaire sur cette affaire.

Enlevé à Milan, Abou Omar aurait été emmené en voiture jusqu’à la base aérienne d’Aviano près de Venise où il a été transféré par avion jusqu’à la base américaine de Ramstein en Allemagne d’où il serait envolé pour l’Egypte où il aurait été torturé.

Parmi les inculpés figure l’ancien chef des renseignements militaires italiens Nicolo Pollari qui encourt une peine d’emprisonnement allant d’un à dix ans s’il est reconnu coupable.

Le 20 novembre 2006, le président du Conseil Romano Prodi avait lancé un vaste remaniement des services, se contentant simplement d’évoquer la "rotation naturelle". A cette occasion, Nicolo Pollari, directeur du SISMI, a été remplacé à l’issue d’une réunion spéciale du gouvernement, tout comme le chef des services de renseignements civils, le SISDE et celui du CESIS, qui coordonne les activités des deux agences.

Pollari a été remplacé par l’amiral Bruno Branciforte, ancien chef des services secrets de la marine. Le général des carabiniers Mario Mori est remplacé à la tête du SISDE par Franco Gabrielli, spécialiste de la police anti-terroriste. Quant à Emilio Del Mese, patron du CESIS, il cédait la place au général à la retraite Giuseppe Cucchi.

Pollari, "maître-espion" controversé, avait résisté à tous les appels à la démission, de plus en plus nombreux. Selon les enquêteurs milanais, Pollari et d’autres hauts responsables du SISMI ont aidé les Américains à l’enlevé, dont deux ont été arrêtés l’été dernier et plusieurs autres mis en examen. Au pouvoir à l’époque, Silvio Berlusconi, qui l’avait nommé à son poste, avait défendu Pollari bec et ongles, jurant que son gouvernement et le SISMI n’étaient pas au courant de l’opération et n’y avaient pas participé.


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