dimanche 17 décembre 2017

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Moins d’hommes, plus d’espions, la Défense imagine l’an 2020

Jean-Dominique Merchet, Libération.fr

samedi 17 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Ils se sont retrouvés cette semaine au pavillon de la Reine à Vincennes pour achever la rédaction du document sur lequel ils planchent depuis août dernier : le « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale » qui doit déterminer la stratégie de la France à l’horizon 2020. Un travail confié par Nicolas Sarkozy à une quarantaine d’experts et de responsables civils et militaires, réunis autour de Jean-Claude Mallet, un conseiller d’Etat proche de la gauche. Ce document devrait être rendu public vers le 11 juin, après d’ultimes arbitrages à l’Élysée. Auparavant, les parlementaires en discuteront, mardi, dans le huis clos des différentes commissions concernées. Nous pouvons toutefois en dévoiler les grandes lignes.

« Menaces volatiles ». « C’est le Livre blanc de la mondialisation, alors que le précédent de 1994 était celui de l’après-guerre froide », affirme un proche du dossier. Partant du constat de « l’incertitude stratégique », de « menaces plus incertaines, plus volatiles », le Livre blanc définit cinq grandes « fonctions stratégiques » (« anticipation », « dissuasion », « protection », « prévention », « intervention ») qui serviront de base pour réorganiser les armées et les services concernés par la sécurité intérieure. La nouvelle priorité sera « la connaissance et l’anticipation » des crises, c’est-à-dire les capacités de renseignement. La France se dotera ainsi de satellites espions « plus performants ». Les services de renseignement seront réorganisés et un poste de « coordinateur du renseignement » sera créé à l’Élysée et confié à une personnalité civile.

La doctrine de dissuasion nucléaire est réaffirmée, avec une légère réduction du nombre de têtes (moins de 300), comme l’avait indiqué Nicolas Sarkozy, le 21 mars à Cherbourg. En matière de « protection », des lacunes ont été constatées face à des attaques terroristes nucléaires ou biologiques et des mesures, impliquant également le ministère de la Santé, seront prises pour accroître la « résilience » du pays. Sur le plan des interventions extérieures, la France concentra ses efforts sur un « axe géographique prioritaire, de la Méditerranée à l’Océan indien ». Cela se traduira par des « allégements » de la présence militaire en Afrique et en outre-mer.

Porte-avions. Le « format » des armées sera réduit, comme l’annonce en est distillée depuis plusieurs mois. Le deuxième porte-avions devrait être repoussé à des jours budgétaires meilleurs, même si la décision n’est pas formellement prise. L’armée de terre verra sa capacité d’intervention fixée à 30 000 hommes dans un conflit majeur, contre théoriquement 50 000 aujourd’hui. Une réduction liée au fait que, selon le Livre blanc, il n’y aura aucune menace d’invasion militaire du pays d’ici 2020.


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