mardi 24 octobre 2017

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Le procès du chef du renseignement de Milosevic ajourné pour trois mois

AFP

samedi 17 mai 2008, sélectionné par Spyworld

Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité de l’ancien chef du renseignement serbe, Jovica Stanisic, reporté quatre fois à cause de son état de santé physique et mental, est ajourné pour au moins trois mois, a annoncé vendredi le TPI.

La chambre d’appel du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie "accède à la demande de l’accusé" et "ordonne l’ajournement des procédures pour un minimum de trois mois et un réexamen de l’état de santé de" Stanisic avant de décider si le procès peut recommencer", selon un communiqué.

M. Stanisic, 57 ans, est suicidaire et connaît "une grave dépression", selon un rapport psychiatrique, mais les juges ont affirmé à plusieurs reprises qu’il était "apte à être jugé". Sa défense a maintes fois invoqué ces problèmes pour demander la fin des poursuites à son encontre.

En outre, l’accusé souffre d’ostéoporose, d’une infection de l’intestin grêle et de calcul rénal.

Après plusieurs reports, le procès avait brièvement commencé le 28 avril avec la déclaration liminaire du procureur, mais Stanisic n’y avait pas participé.

Le 9 avril, la chambre de première instance avait décidé d’établir un lien vidéo entre le Centre de détention des Nations unies à La Haye et la salle d’audience, pour que l’accusé puisse participer à son procès sans avoir à se déplacer lorsqu’il ne se sentait pas assez bien.

La chambre d’appel a estimé que cela ne respectait pas "le droit fondamental de Stanisic d’être présent au tribunal".

Elle a également jugé qu’il n’avait pas été établi que Stanisic "pourrait effectivement participer à son procès via un lien de vidéo conférence, en raison de son état de santé physique et mental".

Jovica Stanisic a fait ses classes au sein du renseignement yougoslave sous le maréchal Tito, jusqu’à devenir chef de la sûreté de l’Etat (DB) du ministère de l’Intérieur serbe entre décembre 1991 et octobre 1998.

Pendant sept ans, il fut le témoin numéro un des faits et gestes du défunt président serbe Slobodan Milosevic.

Franko Simatovic, 58 ans, dit "Frenki", 58 ans, était membre de la DB de 1978 à 2001, et dirigeait la division coordonnant les unités spéciales.

Tous deux plaident non coupable des exactions commises durant les guerres de Croatie (1991-1995) et de Bosnie (1992-1995) contre des civils non serbes.

Selon l’accusation, ils ont participé à une "entreprise criminelle commune", avec notamment Slobodan Milosevic, pour créer une Grande Serbie.

Celui-ci est mort il y a deux ans, le 11 mars 2006, au centre de détention des Nations unies à La Haye, à quelques mois de la fin prévue de son procès et donc avant que cette conspiration puisse être prouvée.

Attestant des liens avec Slobodan Milosevic, les juges ont décidé d’ouvrir aux parties des compte-rendus d’audience du procès avorté de l’ancien homme fort de Belgrade, jusqu’ici confidentiels.

Et l’acte d’accusation des deux accusés a été amendé pour inclure le massacre de Srebrenica, durant lequel quelque 8.000 garçons et hommes musulmans furent exécutés en 1995.

Stanisic, qui avait une image de "modéré" parmi les responsables serbes de l’époque, passe pour avoir organisé l’insurrection des Serbes de Croatie en 1991, coordonné la lutte armée des Serbes de Bosnie, et était l’un des principaux exécutants de la répression du mouvement séparatiste albanais au Kosovo. Il a été limogé en octobre 1998.

En tant qu’ancien chef du renseignement, Stanisic était également au courant des contacts entre Slobodan Milosevic et les Occidentaux.


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