jeudi 19 octobre 2017

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Le FSB dit avoir démasqué un espion géorgien

AFP

samedi 17 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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La Russie a affirmé vendredi avoir démasqué un agent géorgien qui tentait d’armer des rebelles dans le Caucase russe, alors que les relations entre Moscou et Tbilissi sont déjà des plus tendues à propos de l’Abkhazie, territoire séparatiste de Géorgie.

Ramzan Tourkochvili, né en 1974, "citoyen russe originaire de Géorgie", devait "rechercher" des rebelles en Ingouchie et dans d’autres républiques du Caucase russe pour "les financer et organiser la résistance armée" dans la région, a affirmé une source au Service fédéral russe de sécurité (FSB, ex-KGB), citée par l’agence russe Interfax.

Selon la source du FSB, M. Tourkochvili a lui-même reconnu avoir travaillé pour les services secrets géorgiens.

Cela "confirme l’implication des services secrets de Géorgie dans des activités terroristes subversives dans le Caucase du nord", a estimé cette source.

Tbilissi qui a envoyé vendredi à Moscou son ministre chargé de la Réintégration des territoires séparatistes, Temour Iakobachvili, pour des consultations, a rejeté cette accusation.

"C’est une accusation absurde. Les provocations russes deviennent de plus en plus agressives", a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère géorgien de l’Intérieur, Chota Outiachvili.

"Jusqu’à aujourd’hui (...), les gorges de Pankissi (en Géorgie) sont utilisées par des organisations terroristes et extrémistes internationales comme base de soutien pour les forces terroristes agissant dans le Caucase du Nord", a assuré la source du FSB.

Pendant la deuxième guerre russo-tchétchène qui a débuté en 1999, Moscou a à plusieurs reprises accusé la Géorgie de tolérer la présence de séparatistes tchétchènes dans la vallée de Pankissi, une région au nord-est de Tbilissi, frontalière avec la Tchétchénie.

"C’est une tentative ratée de réactualiser le problème des gorges de Pankissi où, comme on le sait, il n’y a plus d’extrémistes depuis longtemps", a réagi M. Outiachvili.

Les relations entre Moscou et Tbilissi sont déjà à vif en raison de l’aspiration de la Géorgie à rejoindre l’Otan et de la décision de la Russie de renforcer ses liens avec les autorités pro-russes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, autre région géorgienne séparatiste.

La Russie a augmenté début mai sa présence militaire dans ces deux territoires, affirmant que la Géorgie prépare un assaut pour en reprendre le contrôle. Tbilissi l’accuse de chercher à annexer ces républiques autoproclamées.

M. Iakobachvili, en visite à Moscou, a démenti pour sa part avoir proposé d’organiser une conférence internationale dans la capitale russe sur le règlement du conflit autour de l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, comme l’affirmait vendredi le quotidien russe Kommersant.

"C’est ridicule, tout comme l’histoire de l’espion géorgien", a-t-il dit lors d’une conférence de presse à l’issue d’entretiens au ministère russe des Affaires étrangères.

"La possibilité d’une confrontation (en Abkhazie) n’a pas disparu même si le risque a été réduit", a-t-il ajouté après avoir affirmé mercredi qu’une "guerre" avait été évitée à la suite d’une intervention de Paris auprès de Moscou.

Le risque tient notamment, selon lui, au déploiement de parachutistes russes dans les gorges de Kodori, entre l’Abkhazie et la Géorgie, des troupes que Moscou présente comme des forces de paix.

La Géorgie s’opposera à une entrée de la Russie dans l’OMC tant que Moscou ne reviendra pas sur sa décision de renforcer ses relations avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, a également rappelé M. Iakobachvili.


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