mercredi 13 décembre 2017

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Islamistes arrêtés au Maroc : les services belges en question

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

vendredi 23 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Les services de renseignement belges sont depuis plusieurs jours au centre d’une polémique qui trouve sa source au Maroc. La presse marocaine, citant des "sources sécuritaires", avait affirmé, lundi 19 mai, que la police avait démantelé une cellule terroriste de 11 membres, dans les villes de Nador et Fès. Le groupe aurait projeté des attentats au Maroc et en Belgique.

La presse évoquait, entre autres, une action contre le siège du Parlement européen, à Bruxelles. La cellule, liée à Al-Qaida pour le Maghreb islamique, disait-elle, organisait aussi l’acheminement de djihadistes vers des camps d’entraînement en Algérie et en Mauritanie, ce que dément le gouvernement marocain.

Les autorités belges ont visiblement été prises de court par des arrestations dont elles n’avaient pas été informées même si le numéro deux présumé du réseau est un Belge de 25 ans. Abdellatif Benali vivait officiellement à Molenbeek, dans la banlieue de Bruxelles. Il faisait l’objet d’une enquête en Belgique depuis 2007 mais était toutefois parvenu à quitter le pays à la fin de l’année, ce qui aurait suscité la colère des services secrets américains. Ceux-ci ont, dès lors, favorisé l’arrestation du jeune islamiste radical au Maroc.

L’épisode n’a pas amélioré les relations entre les services belges de renseignement, la Sûreté de l’Etat, et la CIA. Elles en seraient au "niveau zéro", affirme un spécialiste. Diagnostic confirmé par l’European Strategic Intelligence & Security Center, une structure privée basée à Bruxelles.

Des questions sur le fonctionnement des services belges avaient déjà été posées en février, après l’arrestation, au Maroc également, de 32 personnes. Le chef présumé du réseau terroriste, Abdelkader Belliraj, 51 ans, travaillait comme informateur des services belges depuis près de vingt ans, selon certaines sources. Les dirigeants de la Sûreté belge affirment qu’ils ne l’ont en rien protégé. Un rapport officiel, révélé par un quotidien flamand jeudi 22 mai, souligne cependant que la Sûreté savait qu’Abdelkader Belliraj se livrait aussi à un trafic d’armes en provenance de pays de l’Europe de l’Est. Il n’en avait pas moins obtenu sa naturalisation en 2000, après un avis "neutre" de la Sûreté.


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