lundi 16 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > À Carvin, une PME se fait piller toutes ses données informatiques

À Carvin, une PME se fait piller toutes ses données informatiques

Jean-Marc Petit, La Voix du Nord

dimanche 25 mai 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Toutes les données informatiques de Cuir CCM ont été retrouvées dans les ordinateurs d’un bureau d’études de Lezennes.

Il n’y a pas que les multinationales qui sont victimes (ou pratiquent) l’espionnage industriel. Les PME ne sont pas à l’abri.

À Carvin, la société Cuir CCM s’est fait piller toutes ses données informatiques, 40 millions de gigaoctets, retrouvées chez un concurrent. Une procédure judiciaire est en cours.

« J’avais des soupçons depuis quelques années déjà, des marchés perdus bizarrement. » Marc Sabbagh est le président de la société Cuir CCM à Carvin, spécialiste de la fabrication et de la maintenance de machines d’impression et de découpe du carton ondulé. Une PME dynamique employant une trentaine de salariés et réalisant un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, dont près de 90 % à l’exportation (plus de 600 machines installées dans le monde).

Marc Sabbagh et son épouse ont racheté cette entreprise centenaire il y a une dizaine d’années à la famille Cuir, qui possédait des locaux à Lille, Lezennes et Carvin.

Indiscrétions

« Des indiscrétions me sont parvenues, comme quoi les plans de nos machines se trouvaient chez Setinor, un bureau d’études de Lezennes que nous ne connaissions absolument pas, mais curieusement installé dans les locaux mêmes de l’ancien siège social de Cuir CCM. »

Un huissier de justice est amené sur place le 13 mars, et là, stupeur ! Toutes les données informatiques de Cuir CCM sont découvertes, à disposition sur les ordinateurs de ce bureau d’études. Notamment l’ensemble des plans des machines, des nomenclatures, des photos industrielles, les listings clients, les devis.

« Il s’agit de données essentielles et confidentielles pour une entreprise. Et un préjudice gigantesque, estime Marc Sabbagh. Toutes nos données pouvaient être fournies à nos concurrents. Mais alors, à qui profite le crime, et comment ces données ont-elles pu être transmises ? Seule l’expertise pénale pourra le déterminer. » Une plainte a en effet été déposée auprès du procureur de la République pour espionnage industriel, vol de données et contrefaçon. Une première audience est prévue le 30 mai. •

Jointe par téléphone, la direction de Setinor n’a pas souhaité faire de commentaire : « Nous laissons la justice faire son travail. »


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :