mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Scandale d’espionnage chez Deutsche Telekom

Scandale d’espionnage chez Deutsche Telekom

Marie de Vergès, le Monde

lundi 26 mai 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le géant allemand des télécommunications Deutsche Telekom se trouve aux prises avec un scandale d’espionnage qui risque de ternir sa réputation : le groupe a reconnu, samedi 24 mai, qu’il avait fait surveiller les communications téléphoniques de certains de ses collaborateurs en 2005 et 2006. C’est l’hebdomadaire Der Spiegel qui a révélé l’affaire. But de l’opération, selon le magazine : démasquer les responsables de "fuites" vers la presse.

Le groupe aurait passé au crible les appels passés par des membres de son directoire et de son conseil de surveillance. Et le groupe aurait mandaté une entreprise de sécurité afin d’épier les conversations téléphoniques de journalistes spécialistes du secteur. Le Spiegel évoque "plusieurs centaines de milliers de communications".

L’entreprise reconnaît " l’utilisation illégale de données de communication" mais se défend d’avoir fait écouter le contenu des appels. Les informations collectées ne concernaient que "l’heure, la durée et les participants de ces conversations", affirme-t-elle dans un communiqué. "Si ces accusations se confirment, il s’agit d’un énorme scandale", s’est pourtant ému le vice-président du conseil de surveillance Lothar Schröder, dans le journal Die Welt, dimanche.

"Nous prenons cette affaire très au sérieux", a indiqué le président de Deutsche Telekom, René Obermann, qui n’était pas à la tête du groupe au moment des faits. "Nous avons saisi le parquet et nous coopérerons afin que la lumière soit faite", a-t-il précisé.

Le flou demeure concernant l’identité des donneurs d’ordre. Les observateurs jugent peu vraisemblable que ni le patron de l’époque, Kai-Uwe Ricke, ni l’ancien président du conseil de surveillance, Klaus Zumwinkel, n’aient rien su de ces pratiques, malgré leurs dénégations.

L’affaire renvoie à une période difficile pour le groupe. En 2005 et 2006, Deutsche Telekom était confronté à l’érosion constante de sa part de marché dans la téléphonie fixe. Les clients partaient, le chiffre d’affaires s’effritait, le cours de l’action chutait. La presse regorgeait de détails sur l’incapacité du directoire à s’entendre et à trouver des solutions.

Interrogé par Der Spiegel, M. Ricke a reconnu que le groupe s’était alors alarmé devant le flot d’informations confidentielles transmises à des journalistes. Entre autres, des documents internes concernant des projets d’acquisitions à l’étranger ou des plans de suppressions d’emplois. De son propre aveu, Deutsche Telekom était comme "un gruyère".

Logo de Deutsche Telekom. La direction de l’entreprise a proposé mardi de baisser de 12 % au cours des trente prochains mois les salaires de 50 000 de ses salariés en échange de la garantie du maintien de l’emploi jusqu’en 2010. - AFP/JOHN MACDOUGALL


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :