vendredi 15 décembre 2017

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Europe de la Défense : Paris maintient ses ambitions de relance

Pascal Mallet, AFP

mardi 27 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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La France a assuré lundi qu’elle mettrait tout en oeuvre pendant sa présidence de l’Union européenne pour relancer l’Europe de la Défense, même si un certain flou entoure encore ses propositions.

Le ministre français de la Défense Hervé Morin a promis une série d’initiatives en ce sens au second semestre 2008 sous la présidence française.

Il a cité "la station Hélios", reliée à un satellite d’observation militaire du même nom, "un vrai élan pour l’Agence européenne de défense, une stratégie réactualisée de l’UE en matière de défense et un réseau de surveillance pour l’ensemble des côtes".

"Nous avons eu des discussions très poussées avec les Britanniques. Idem avec les Allemands et les Espagnols" et "toute une série de projets sont sur la table", a-t-il affirmé aux journalistes après une réunion des ministres de la Défense de l’UE à Bruxelles.

Au même moment, son homologue aux Affaires étrangères Bernard Kouchner plaidait devant un institut de réflexion bruxellois en faveur d’"une diplomatie européenne dotée de moyens et d’ambitions renouvelés", y compris militaires, grâce au nouveau traité européen de Lisbonne, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier s’il est ratifié d’ici là par les 27 pays membres.

"Nous devons tirer les leçons des difficultés que nous avons eues à rassembler 3.000 hommes pour intervenir au Tchad, alors qu’en 1999 les chefs d’Etat des 15 s’étaient engagés sur l’objectif de pouvoir projeter 60.000 hommes en 60 jours avant 2003", a-t-il encore estimé au cours d’une conférence sur l’"état de l’Union" européenne.

M. Morin a réfuté l’idée que la France ne donnerait pas suite à ses ambitions pour l’Europe de la défense, alimentée ces dernières semaines par l’absence de propositions concrètes.

Selon des diplomates, la discrétion de Paris s’explique non par un manque de projets, mais par son souci de ne pas interférer avec le débat en cours en Irlande et en Grande-Bretagne sur la ratification du traité de Lisbonne.

Toute proposition française d’envergure donnerait du grain à moudre aux eurosceptiques de ces pays opposés à une défense européenne, avec un risque particulier en Irlande où sera organisé le 12 juin un référendum sur le traité, craint-on à Paris.

Le président français Nicolas Sarkozy a pourtant bien placé ces derniers mois la défense parmi ses priorités européennes avec la maîtrise de l’immigration et la lutte contre l’effet de serre.

Il a évoqué la double volonté de la France de se rapprocher de l’Otan - en clair, d’en réintégrer totalement la structure militaire- et en parallèle de renforcer l’Europe de la Défense.

Sur un sujet clé, l’installation à Bruxelles d’un centre de commandement permanent des opérations militaires de l’UE, auquel la France est favorable mais la Grande-Bretagne hostile, M. Morin a indiqué que c’était "une discussion que nous avons avec nos amis britanniques".

Londres n’est pas favorable à une structure qui ferait double emploi avec l’Otan. M. Morin a toutefois assuré que le débat avec Londres n’était pas clos.

L’objectif d’un tel centre opérationnel "d’une cinquantaine de personnes", a-t-il expliqué, serait d’"éviter des coûts supplémentaires et une perte de compétence" d’une opération à l’autre.

Le centre opérationnel de l’UE, ouvert en janvier 2007 à Bruxelles, est réduit à une poignée de personnes et n’a eu qu’une existence virtuelle jusqu’ici.

Par contraste, M. Morin a cité l’appui public récemment exprimé par la Pologne, pays notoirement attaché à l’Otan, à ce projet de QG européen.

Son homologue polonais Radoslaw Sikorski, également présent à Bruxelles lundi, a confirmé le soutien de Varsovie à un renforcement de la défense européenne.

Il a souligné ne voir "aucune contradiction à appuyer en même temps la politique européenne de défense et l’Otan".


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