vendredi 15 décembre 2017

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Report de la décision sur un 2e porte-avions français

Emmanuel Jarry, Reuters

mardi 27 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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Nicolas Sarkozy laisse entendre qu’il a reporté à 2011-2012 sa décision sur la construction d’un éventuel deuxième porte-avions français.

Le chef de l’Etat a confirmé sur RTL qu’il présenterait les grandes orientations du livre blanc en préparation sur la défense à la mi-juin - selon l’Elysée, ce serait le 17 juin - et les futures restructurations début juillet.

"Pour le second porte-avions on a un peu de temps, puisque la décision devrait être prise aux alentours de 2011-2012", a-t-il ajouté. "Je veux y réfléchir. C’est une décision lourde."

La France ne dispose aujourd’hui que d’un porte-avions à propulsion nucléaire, le Charles de Gaulle, ce qui pose un problème de continuité des missions du groupe aéronaval pendant les périodes d’immobilisation de ce navire.

L’idée d’un deuxième porte-avions français revient régulièrement dans les débats sur l’évolution des armées françaises. Une éventuelle coopération avec la Grande-Bretagne, qui a confirmé le 20 mai sa décision de construire deux nouveaux porte-avions, a également été évoquée.

Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, avait déclaré le 6 mai qu’une décision serait prise à la mi-juin.

Fin avril, le ministre de la Défense Hervé Morin avait cependant reconnu que la situation budgétaire de la France rendait "difficile" la réalisation d’un tel projet.

Nicolas Sarkozy a souligné que s’il voulait respecter tous les engagements de la loi de programmation dont il a hérité, il faudrait "mettre six milliards d’euros (de plus) chaque année dans le seul équipement militaire".

COMPENSATIONS

"Je le dis : il n’en est pas question", a-t-il ajouté, tout en assurant qu’il ne "baisserait pas la garde", notamment en matière de dissuasion nucléaire et de renseignement spatial.

Il a réaffirmé que son objectif était de dépenser pour la sécurité nationale "aux alentours" de 2% du PIB mais confirmé son intention de fermer un certain nombre de bases.

"Il n’y a plus le service militaire et on a gardé le même nombre de bases", a-t-il expliqué. "Nous avons quelque chose comme 182 bases. On n’a pas les mêmes besoins d’artillerie, de régiments de chars (...). On travers la France avec les Mirage 2000-5 (...) grosso modo en 20 minutes. Est-ce qu’on a besoin de 35 bases aériennes ?"

"Est-ce que l’argent qu’on consacre à nos armées n’est pas mieux utilisé à bien les équiper plutôt qu’à entretenir des bases ?" a ajouté le chef de l’Etat. "Il y a une quinzaine de bases aériennes où il n’y a plus un avion depuis 20 ans. Alors il m’appartiendra certainement de les fermer. Mais j’aurais préféré qu’elles soient fermées avant."

Il a promis des compensations pour les collectivités locales affectées par le départ de régiments et s’est efforcé de répondre aux objections des élus concernés.

"Le but de l’armée c’est de défendre la nation, d’être au service d’une politique diplomatique de la nation, pas de maintenir le commerce ou l’aménagement du territoire. L’Etat a d’autres moyens pour cela. Il y fera face", a-t-il dit.


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