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Espionnage chez Deutsche Telekom : l’enquête cible surtout Zumwinkel et Ricke

Challenges.fr

jeudi 29 mai 2008, sélectionné par Spyworld

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L’opérateur aurait espionné des conversations entre des journalistes et des membres du conseil de surveillance.

Le siège de Deutsche Telekom était perquisitionné jeudi 29 mai dans le cadre d’une enquête ouverte cette semaine sur un scandale d’espionnage au sein du groupe allemand, qui aurait surveillé des communications pour trouver la source de fuites entre le conseil de surveillance et la presse. L’enquête ciblerait particulièrement l’ancien chef du conseil de surveillance, Klaus Zumwinkel, et l’ancien patron Kai-Uwe Ricke, débarqué fin 2006.

Soupçonnant d’avoir été la cible des manœuvres, les représentants des salariés au conseil de surveillance, qui détiennent la moitié des sièges, ont porté plainte jeudi.

Préserver "l’intérêt de l’entreprise"

Alors que le groupe prétend que les premiers cas d’espionnage remonteraient à 2005, le Financial Times Deutschland a révélé qu’un de ses journalistes aurait vu ses communications espionnées dès 2000.

Pour l’instant, le seul cas précis divulgué concernait un journaliste du magazine allemand Capital. Un cas dont aurait été informé l’actuel P-DG de Deutsche Telekom, René Obermann, arrivé à la tête du groupe après cette manœuvre délictueuse. L’opérateur a en effet reconnu, mercredi, que la direction avait étouffé, en 2007, le premier cas découvert.

Selon Deutsche Telekom, si la direction a tu ce cas, c’est dans "l’intérêt de l’entreprise". La décision aurait été prise par René Obermann après un "échange de vues critique" avec Klaus Zumwinkel (qui a dû démissionner récemment de la tête de Deutsche Post du fait de son implication dans le scandale de fraude fiscale au Liechtenstein), qui lui aurait "vivement déconseillé" de rendre l’affaire publique.

Soutien du gouvernement allemand

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, le journaliste concerné n’a été mis au courant de l’affaire qu’il y a quelques jours. Explication de Deutsche Telekom : "dans le cas d’une procédure d’enquête publique, comme cela aurait été le cas si le journaliste avait été mis au courant tôt", le groupe n’aurait pu "prendre rapidement de vastes mesures personnelles et organisationnelles", à savoir le licenciement par René Obermann, à l’été 2007, du chef du département de la sécurité, et la restructuration du service.

Pour l’instant, le gouvernement allemand (encore actionnaire à 32% de l’ex-groupe public, et dont le secrétaire d’Etat aux Finances, Thomas Mirow, siège au conseil de surveillance) a assuré René Obermann de son plein soutien, de même que les représentants de salariés. Ceux-ci ont reconnu que la direction travaillait "activement" à élucider l’affaire.

Plusieurs centaines de milliers de communications

Révélée par l’hebdomadaire Der Spiegel, selon qui plusieurs centaines de milliers de communication auraient été surveillées, l’affaire agite l’Allemagne depuis quelques jours, avec de multiples révélations. Un ancien membre du directoire, Heinz Klinkhammer, interrogé par le quotidien Handelsblatt, a ainsi révélé que Klaus Zumwinkel et Kai-Uwe Ricke seraient largement impliqués dans l’affaire : ils auraient demandé à l’employé du département sécurité gérant le contrat avec la société externe chargée de surveiller les conversations de ne pas dire un mot de l’affaire.

Des faits reconnus par le patron de la société externe en question, Ralf Kühn : "le contrat est venu de tout en haut et a été fait avec l’accord de la direction de Telekom".


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