mardi 12 décembre 2017

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Les États-Unis accusés d’utiliser des bateaux-prisons contre les terroristes

Ségolène de Larquier, Le Point.fr

lundi 2 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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17 bateaux américains serviraient de "prisons flottantes" pour retenir sans jugement des suspects arrêtés dans la guerre contre le terrorisme, révèle lundi The Guardian .

Le quotidien britannique appuie son enquête sur un rapport, qui devrait être publié cette année par l’association britannique de lutte pour les droits de l’homme Reprieve. Cette dernière a eu accès à des déclarations émanant de l’armée américaine et du Conseil de l’Europe, ainsi qu’à des témoignages justifiant l’existence de ces bateaux. Selon ce document, les États-Unis en utiliseraient 17 depuis 2001.

Les présumés terroristes seraient souvent interrogés à bord d’un premier navire, puis transférés sur un autre dont les positions restent confidentielles. Deux "prisons flottantes" auraient été identifiées : il s’agirait des porte-hélicoptères USS Bataan et USS Peleliu. Les 15 autres ont été suspectées non loin du territoire britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien, qui sert de base maritime commune aux Anglais et aux Américains.

"Les conditions plus sévères qu’à Guantanamo"

D’autre part, le rapport de Reprieve expose des soupçons au sujet de l’activité du navire USS Ashland et du temps passé en Somalie début 2007 pour mener des opérations de sécurité et capturer des membres d’Al-Qaeda. Ainsi, au Kenya, en Somalie, en Éthiopie, à Djibouti et sur la baie de Guantanamo (Cuba), près de 100 individus auraient disparu de leurs cellules pour être transférés et interrogés sur des navires. Ces missions d’enlèvement auraient été menées par les autorités locales avec des membres de la CIA et du FBI, poursuit The Guardian .

Reprieve donne l’explication d’un ancien détenu de Guantanamo. Son témoignage corrobore les accusations qui pèsent sur les États-Unis. "Il est parti en mer sur un bateau américain avec 50 autres. Ils étaient tous au fond du navire. Il m’a expliqué que c’était comme ce que l’on pouvait voir à la télévision. Les conditions étaient bien plus sévères qu’à Guantanamo."

Pour l’association de défense des droits de l’homme, l’objectif de cette manoeuvre est clair : il s’agit de dissimuler ces pratiques le plus longtemps possible. "Nous allons finalement arriver à restituer leurs droits à ces prisonniers fantômes", souligne le directeur de l’association humanitaire Reprieve, Clive Stafford Smith.

26.000 personnes retenues sans jugement

Les États-Unis démentent que des suspects soient encore retenus sur des bateaux, tout en admettant que certaines personnes ont pu l’être quelques jours. "Les navires de l’armée américaine ne sont pas équipés pour la détention", explique le porte-parole de la Marine américaine, le commandant Jeffrey Gordon. Selon Reprieve, à l’heure actuelle, le gouvernement américain détiendrait au moins 26.000 personnes sans jugement, dans des lieux tenus secrets, et près de 80.000 seraient passés à travers ce système depuis 2001.

Déjà, en 2006, le président américain George Bush avait reconnu l’existence des prisons secrètes de la CIA, utilisées au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Mais l’administration avait précisé qu’après le transfert de 14 personnes soupçonnées d’être des membres importants d’Al-Qaeda vers Guantanamo, la CIA ne retenait plus aucun prisonnier. Deux enquêtes, en 2005, ont par ailleurs montré qu’une vingtaine de pays avaient coopéré au programme.

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Selon l’association de défense des droits de l’homme Reprieve, le navire américain USS Peleliu a servi de "prison flottante" pour retenir des terroristes © US NAVY / SIPA


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