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Exportations d’armes : la France espère regagner des parts de marché

Les Echos

jeudi 5 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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La France espère redresser cette année le niveau de ses exportations d’armements et signer pour 6 milliards d’euros de contrats, enrayant ainsi la perte de ses parts de marché face à une concurrence féroce.

"Je suis convaincu que 2008 sera l’année du redressement de nos exportations de défense et de sécurité. J’ai bon espoir que l’objectif de six milliards d’euros de contrats d’exportation signés en 2008 soit tenu, ce qui serait notre meilleur résultat depuis l’an 2000", a déclaré jeudi le ministre de la Défense Hervé Morin dans un discours devant les industriels.

Les prises de commandes de matériel militaire s’étaient érodées en 2007 à 5,5 milliards d’euros, contre 5,74 milliards l’année précédente.

Hervé Morin s’exprimait six mois après avoir annoncé des premières mesures pour simplifier et relancer les exportations d’armes, soumises à des contraintes et autorisations particulières. Les procédures sont aujourd’hui plus souples et plus rapides, selon lui.

Ainsi, Matignon doit officialiser "dans les prochains jours" une nouvelle liste des matériels soumis à l’autorisation de la CIEEMG (Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériel de guerre).

Tous les composants non spécifiquement militaires (comme les essuie-glaces des blindés) seront désormais dispensés d’une telle autorisation.

Par ailleurs, dans le cadre de sa présidence de l’Union européenne, la France va proposer la création entre les pays volontaires d’un "marché européen de l’armement", avec "les mêmes règles de fluidité qu’il peut y avoir sur l’ensemble des produits du marché commun".

Hervé Morin a assuré les industriels "du soutien sans faille" du pouvoir politique. L’échec de l’exportation du Rafale au Maroc l’an dernier, sur un marché qui semblait propice, avait accéléré la création de structures de soutien, sous l’égide de l’Elysée et de Matignon.

Une Commission interministérielle d’appui aux grands contrats doit maintenant être mise en place, avec un volet civil et militaire.

Un industriel du secteur affirme ressentir "clairement la différence" depuis que le soutien à l’exportation a été affiché comme un objectif politique majeur.

Avec 7% des exportations en 2006, la France reste dans le "top 5" des pays exportateurs (Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, France et Israël, totalisant à eux seuls près de 90% du marché), mais elle perd du terrain.

Elle est talonnée de près par Israël, un très sérieux concurrent présent notamment dans le domaine de l’électronique, des drones et des missiles tactiques. Le ministère de la Défense souligne aussi l’émergence de nouveaux acteurs, comme la Corée du Sud.

Au moment où certains de ses programmes d’équipement vont être revus à la baisse dans la foulée du Livre blanc sur la défense, la France espère aussi des nouveaux débouchés à l’exportation pour une industrie qui emploie, grands groupes et PME comprises, quelque 170.000 personnes en France.

Le marché mondial de l’armement a atteint un record de 67 milliards d’euros en 2006. Des succès à l’exportation permettrait de "décaler un peu dans le temps" certains programmes français, a reconnu Hervé Morin.

Il n’a cependant pas donné de tendance sur les grands contrats que la France peut espérer cette année, alors qu’elle négocie avec la Libye pour 14 Rafale et que la Grèce pourrait être intéressée par ces avions de combat ou des frégates FREMM. (Source AFP).


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