lundi 11 décembre 2017

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Thales exploitera les opportunités du Livre Blanc de la défense

Matthias Blamont, Reuters

vendredi 6 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Le Livre blanc de la défense devrait imposer des réductions de budgets significatives aux armées mais présentera également des opportunités en matière de surveillance, un secteur sur lequel Thales entend jouer un rôle de premier plan, a déclaré vendredi Denis Ranque, P-DG du spécialiste de l’électronique de défense.

"Il est clair que les questions de surveillance tant à partir de l’espace qu’à partir de drones vont être privilégiées, cela procure aussi des opportunités pour notre groupe", a-t-il dit en marge d’une conférence de presse.

Le président Nicolas Sarkozy présentera le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale le 17 juin devant un parterre de professionnels du secteur.

Le document censé définir la doctrine militaire française jusqu’en 2025 devrait, pour la première fois, faire une place de choix aux thématiques de sécurité via les "systèmes" de surveillance, considérées par les spécialistes comme figurant parmi les nouvelles priorités stratégiques en France et en Europe.

Les experts mettent en avant de nouvelles menaces comme le terrorisme, la cybercriminalité, les proliférations nucléaires et bactériologiques.

Les milieux militaires se préparent toutefois à une cure budgétaire d’importance alors que les finances de l’Etat sont sous pression constante. Le président Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà différé la décision de construire un deuxième porte-avions et certains connaisseurs du dossier évoquent la cession de plusieurs milliers de mètres carrés d’actifs immobiliers.

Les groupes français Dassault Aviation et Thales ont annoncé le 28 mai dernier s’être associés à l’espagnol Indra dans le cadre d’une offre de drones Male (moyenne altitude longue endurance) transmise aux gouvernements français et espagnols pour un usage civil et militaire. Israel Aerospace Industries participera également au projet, baptisé SDM European Male UAV system, en fournissant les appareils.

"AVANTAGE SÉRIEUX"

"Il ne s’agit par d’un investissement mais de proposer une solution à partir de produits existants dont nous avons la maîtrise technologique", a expliqué Charles Edelstenne, P-DG de Dassault Aviation.

Le dirigeant a indiqué qu’une offre engageante avait déjà été soumise à Paris et à Madrid pour 18 drones (neuf pour chaque pays) et que d’autres capitales européennes avaient manifesté leur intérêt.

Charles Edelstenne et Denis Ranque ont refusé de communiquer les détails financiers des offres mais expliqué que le projet, auquel participent les quatre sociétés à hauteur de 25 à 30%, ne nécessitait pas le développement d’une nouvelle "plate-forme" (drone), actuellement évalué à un milliard d’euros.

"A l’heure où l’on parle d’économies en matière de défense, nous estimons que notre programme a un avantage très sérieux", a plaidé Charles Edelstenne.

EADS travaille de son côté à un programme d’avion sans pilote pour l’Allemagne. Celui-ci passerait toutefois par la construction d’un nouvel appareil.

Charles Edelstenne a déclaré attendre une réponse des ministères de la Défense français et espagnols début 2009 pour une mise en service des drones en 2012.

Prié de dire si son Dassault Aviation envisageait d’augmenter sa participation, de 5%, dans Thales, le président a répondu que le projet SDM European Male UAV system n’imposait nullement une telle initiative.

Le constructeur aéronautique a fait savoir à plusieurs reprises qu’il envisageait de conserver, voire de céder, son ticket au capital de son partenaire de 50 ans.


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