mardi 25 novembre 2014

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Flambée des cours du brut : les armées françaises se mettent au régime sec

AFP

dimanche 8 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Plutôt gloutonne quand il s’agit de gazole, la marine nationale a annulé trois missions "importantes mais pas essentielles" prévues cet été pour minimiser les effets de la flambée des cours du pétrole tandis que les armées de terre et de l’air ont lancé des "études".

Après avoir fait des ronds dans l’eau au large de la Birmanie, où il a tenté en vain de délivrer directement un millier de tonnes d’aide humanitaire aux rescapés du cyclone Nargis, l’équipage du Mistral devait se réconforter du 11 au 16 juillet au Havre, sa ville marraine. Opération annulée.

Idem pour une mission de "présence" en mer Noire de la frégate Montcalm, de retour de la "Finul navale", le long des côtes libanaises.

Mais l’annulation la plus significative est celle d’une mission de la frégate De Grasse aux côtés du porte-avions américain Theodore Roosevelt qui doit embarquer prochainement plusieurs Rafale, l’avion de chasse français.

Selon Lepoint.fr, qui a révélé ces décisions, la participation du Montcalm à une opération internationale NARCOPS de lutte contre le trafic maritime de stupéfiants prévue dans la foulée est également annulée.

"On a sacrifié des missions importantes mais pas essentielles", a concédé le capitaine de vaisseau Jérôme Erulin, chef du Sirpa Marine.

La consommation de pétrole des armées au regard de la consommation française reste modeste avec près de 1,5% du total, un ratio que l’on retrouve aux Etats-Unis comme en Grande-Bretagne.

Pour autant, la défense n’échappe pas aux effets sur ses finances de l’envolée des cours du brut qui ont quintuplé depuis 2003, franchissant un nouveau record vendredi à New York, à 138,54 dollars.

"En 2005, les armées dépensaient 650 millions d’euros environ pour un pétrole à 55 dollars du baril en moyenne, aujourd’hui, avec un baril à 120 dollars, la facture s’est alourdie de 300 millions", selon un expert proche du dossier.

Des mesures d’économie ont déjà été prises. Selon Hubert Sansot, ingénieur en prospective à la Délégation générale pour l’armement (DGA), "en 10 ans, de 1996 à 2006, le ministère a réduit sa consommation de carburants de 28%".

Depuis plusieurs années aussi, les armées s’appuient, comme les compagnies aériennes civiles, sur des "instruments financiers de couverture" pour amortir les variations de cours.

Autre sources d’économie, selon Hubert Sansot : "une conduite souple mise en oeuvre depuis des années dans le domaine naval et, pour l’armée de l’air, une réduction des entraînements au minimum raisonnable".

Sur les véhicules terrestres, précise-t-il, ces "bonnes pratiques" ont permis de réaliser près de 15% d’économies.

La marine n’entend toutefois pas en rester là. Selon le commandant Erulin, une "politique de gestion du gazole portant à la fois sur la gestion des stocks et le choix des points de ravitaillement est en cours d’élaboration".

"Le principe est d’aller dans les ports où le gazole est le moins cher et d’adapter certaines exigences de gestion des stocks opérationnels à la possibilité de s’approvisionner au meilleur prix", a-t-il détaillé.

Du côté des aviateurs, le Sirpa air assure que "pour l’instant", l’envolée des cours n’a "pas d’influence sur les missions" tout en reconnaissant que "si des efforts sont demandés, ils seront faits".

Même son de clairon du côté de l’armée de terre "dans une phase d’étude" mais qui a déjà "demandé un maximum de rationalisation des déplacements" et remplit ses "soutes dès qu’il y a une baisse des cours".

"Si des décisions étaient prises, elles le seraient d’ici à septembre", explique-t-on cependant.


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