lundi 18 décembre 2017

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Pfizer France relaxé dans une affaire d’intrusion informatique

Philippe Richard, 01net

lundi 9 juin 2008, sélectionné par Spyworld

Le géant pharmaceutique était poursuivi en justice par une PME parisienne pour « accès frauduleux » à son système informatique.

Le 15 mai 2008, la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre a prononcé la relaxe générale de Pfizer France et de Direct Medica, une PME spécialisée dans les services marketing, qui étaient poursuivis en justice par la PME Kadrige. L’affaire remonte à 2004. Kadrige, qui édite des solutions informatiques pour l’industrie pharmaceutique, met au point une technologie innovante qui évite aux visiteurs médicaux de se déplacer chez les médecins. Cette visite à distance est possible grâce à une connexion simultanée au téléphone et par Internet. Objectif : améliorer la promotion des produits et l’efficacité des forces de vente des laboratoires. Cette solution intéresse alors Pfizer qui négocie avec Kadrige. Mais selon Olivier Cadou, créateur de Kadrige, le laboratoire et Direct Medica se sont introduits à de nombreuses reprises dans son système informatique, en 1997, afin de télécharger des données essentielles sur son outil. Kadrige porte plainte en 2005.

Beaucoup de bruit

Les deux sociétés sont poursuivies devant la 15e chambre correctionnelle de Nanterre pour « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données » et « atteinte aux droits du producteur d’une base de données ». En mars dernier, le procureur de la République avait requis 15 000 euros d’amende pour chacune des sociétés et 1 500 euros d’amende pour quatre personnes physiques. Il avait cependant estimé que « ce dossier n’est pas un dossier de piratage industriel, mais plutôt un dossier dans lequel il convient de sanctionner par principe une certaine dérive des pratiques ». Mais l’affaire avait été renvoyée en délibéré jusqu’à ce jugement prononcé il y a presque un mois. Joint au téléphone ce lundi 9 juin au matin, Olivier Cadou « n’a pas souhaité faire de commentaires avant d’avoir reçu un jugement écrit du tribunal ». De son côté, Pfizer estime que cette affaire a fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose. « Le juge a déploré une instrumentalisation de la justice et s’est dit "très réservé" sur les demandes de dommages et intérêts de Kadrige (près de 5,5 millions d’euros) et de M. Cadou (plus d’un million d’euros) », nous a précisé François Garnier, directeur juridique du laboratoire pharmaceutique.


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