mardi 24 octobre 2017

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EADS relance la guerre des drones en Europe

Tim Hepher, Reuters

mardi 10 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Le groupe aéronautique européen EADS a relancé la guerre des drones en déclarant qu’il espérait développer cette année un de ces avions sans pilote, à la fois pour des missions de reconnaissance et de surveillance.

EADS a indiqué avoir présenté un projet à la France, l’Allemagne et l’Espagne pour réaliser une série de drones qui peuvent accomplir des missions de surveillance à haute altitude comme le souhaite Paris et des opérations de reconnaissance à grande vitesse et basse altitude comme le veut Berlin.

Cette annonce intervient quelques jours après la présentation par Dassault Aviation et Thales, associés aux groupes espagnol Indra et israélien IAI, d’une projet de drone Male (Moyenne altitude longue endurance) à la France et l’Espagne, directement concurrent de celui d’EADS.

Les drones sont de plus en plus utilisés pour des missions telles que l’observation du champ de bataille, sans risquer ainsi la vie d’un pilote, la surveillance des frontières ou les patrouilles maritimes.

Présenté la semaine prochaine, le "Livre blanc" de la défense devrait se traduire par des réductions significatives du budget militaire français mais mettre clairement l’accent - et donc les moyens - sur les missions de surveillance et sur l’observation spatiale.

"Les drones constituent un marché en pleine expansion. Les projets existants ne sont pas satisfaisants en termes d’endurance et ils n’ont pas les capacités des satellites. Nous proposons plus de capacités pour le même prix", a déclaré lors d’une conférence de presse Stefan Zoller, président de la division Défense & Sécurité d’EADS.

Contrôlé par des intérêts français, allemand et espagnol, le groupe EADS, qui est également la maison mère d’Airbus, bataille déjà depuis plusieurs années contre des entreprises rivales pour avoir la maîtrise d’oeuvre de cette technologie, qui constitue un enjeu stratégique majeur pour l’industrie européenne de la défense.

Son système intérimaire de drones Male (SIDM), qui utilise également de la technologie israélienne, a accumulé des retards et a vu ses coûts augmenter alors que ses efforts pour produire un drone entièrement européen ont subi un revers cuisant avec la perte du prototype Barracuda, qui s’est abîmé en mer au large de l’Espagne en 2006.

La plupart des pays européens ne souhaitent pas financer seuls leur propre drone, mais ils éprouvent en revanche de grandes difficultés pour s’accorder sur des spécificités et des missions communes.

TIRER LES LEÇONS DE SES ÉCHECS

Stephan Zoller a assuré qu’EADS avait tiré les "pénibles" leçons du SIDM et du Barracuda et décidé ainsi de dépasser les technologies actuelles avec une nouvelle approche "modulaire".

Le nouveau drone "Advanced UAV" proposera ainsi un même fuselage avec de longues ailes pour les vols de surveillance à haute altitude et des ailes plus courtes pour les missions de reconnaissance à haute vitesse et basse altitude.

Stephan Zoller a refusé de préciser le coût de ce projet et d’estimer le marché de ce type de drones.

Dassault Aviation avait indiqué de son côté que son propre projet serait moins cher d’environ un milliard d’euros que celui d’EADS car il utilise une plate-forme israélienne déjà existante, donc amortie.

De son côté, Stephan Zoller a précisé que le drone d’EADS donnerait lieu à un partage du travail : l’Allemagne aura la charge de l’avion, la France du système électronique et l’Espagne des communications satellitaires.

Citant une étude réalisée par le cabinet Frost and Sullivan, pour qui le marché de ce type de drone pourrait atteindre 10 milliards d’euros sur trois ans, il a estimé que ce marché pourrait être en réalité bien supérieur.

Cette bataille des drones est au centre d’une gigantesque partie de poker entre les industriels européens, confrontés à une raréfaction des projets d’envergure en matière de défense.

EADS et Dassault Aviation sont également en compétition dans le domaine des avions de combat avec respectivement l’Eurofighter et le Rafale, même si ce dernier n’a reçu pour le moment aucune commande à l’exportation et n’est en service que dans l’armée de l’air française. L’Elysée a annoncé toutefois la semaine dernière que les Émirats arabes unis avaient engagé des discussions en vue de l’éventuel remplacement de leurs Mirage 2000 par des Rafale.

Le groupe d’électronique de défense français Thales, qui fabrique notamment des radars, est associé au programme Rafale et à un pied dans les deux projets de drones européens.

Version française Jean-Michel Bélot


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