dimanche 10 décembre 2017

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« La protection des blindés tire la demande mondiale »

Bruno Rambaud - Président du Groupement des Industries Françaises de Défense Terrestre (GICAT), Propos recueillis par Alain Ruello

lundi 16 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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Quelles sont les grandes tendances d’Eurosatory 2008 ?

Si l’on met de côté les drones et l’observation électronique, sur lesquels un nombre croissant d’industriels travaillent, la grande tendance porte sur les technologies de protection des véhicules, de transport par exemple. C’est vrai dans le monde, un peu moins en France. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas ont lancé de grands programmes. La France est un peu en retrait, mais cela pourrait changer. Cela concerne les technologies de protection passive ou active, pour lutter contre les engins explosifs improvisés notamment. Ce qui introduit une donnée nouvelle : le besoin de lancer des programmes rapidement. Cette année, le stand innovation du Gicat et de la DGA accueille cinq projets sur la protection et le prix Chanson récompensera une technologie innovante de déclenchement optoélectronique.

Craignez-vous que l’industrie terrestre de défense soit la plus malmenée par la prochaine loi de programmation militaire en France ?

Je ne suis pas nécessairement pessimiste. Ces dernières années, la part de l’export dans l’activité des membres du Gicat était de 30 %. En 2007, elle a représenté 50 % des prises de commande. Ce qui montre que les entreprises françaises de l’armement terrestre, portées par des technologies de pointe, profitent de la demande mondiale. En France, on évoque un maintien en euros courants des budgets, pas un décrochage de 30 %. Même si on peut souffrir d’une baisse des investissements, l’externalisation de la maintenance des équipements peut être une source de compensation.

Les députés de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale ne voient pas la numérisation du champ de bataille comme une priorité. Y voyez-vous une remise en cause de l’hypertechnologie, notamment pour le grand projet Scorpion ?

Scorpion (1), c’est avant tout la volonté de mettre en cohérence opérationnelle tous les armements livrés. C’est le maître mot de ce projet. Les retours d’expérience, en matière de protection par exemple, montrent que les pays occidentaux sont obligés d’introduire ce qu’il faut de technologie. C’est toujours par une bonne utilisation de la technologie qu’on gagne. Mais il s’agit de s’assurer que la boucle doctrine, choix et validation d’une technologie, entraînement et mise en service soit courte. C’est l’objet de Scorpion, quel que soit le montant futur des crédits.

(1) Synergie du contact renforcé par la polyvalence et l’infovalorisation : projet de numérisation de tous les armements terrestres participant au combat.


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