dimanche 22 octobre 2017

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Empoignades autour de la sécurité

AFP

mercredi 18 juin 2008, sélectionné par Spyworld

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« Mentalité du 10 septembre » contre adhésion au bilan de l’administration Bush : les attaques pleuvaient entre les conseillers des adversaires de la présidentielle américaine sur la façon de mener la guerre contre le terrorisme.

Un entretien accordé lundi par le démocrate Barack Obama a mis le feu aux poudres. Il y a notamment fait valoir que l’imbroglio juridique autour du centre de détention de Guantanamo avait « détruit notre crédibilité quand il s’agit de l’état de droit à travers le monde, et donné un énorme coup de pouce au recrutement des terroristes ».

« Ce que nous savons c’est que lors de précédents attentats, par exemple le premier attentat contre le World Trade Center (en 1993, ndlr), nous avons pu arrêter les responsables, les juger, ils sont actuellement dans des prisons américaines hors d’état (de nuire) », a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision ABC.

L’équipe du républicain John McCain a rapidement réagi, en accusant M. Obama d’avoir une mentalité du « 10 septembre », c’est-à-dire de raisonner comme si les attentats du 11 septembre 2001 à Washington et New York n’avaient pas eu lieu, en refusant une procédure d’exception pour les terroristes présumés.

« Il (fonde) ses décisions sur un mauvais jugement, de la faiblesse, sur l’incompréhension de la nature de nos adversaires et des dangers qu’ils représentent », a asséné Randy Scheunemann, principal conseiller de politique étrangère de John McCain, lors d’une conférence téléphonique.

« S’il recevait le (fameux) coup de téléphone (rouge de la Maison Blanche) de 3 heures du matin, sa réaction serait d’appeler les juristes du ministère de la Justice », a-t-il ajouté, dans une allusion à un spot de l’ex-candidate Hillary Clinton.

M. Obama et ses alliés n’ont pas tardé à riposter.

Ces critiques viennent « des même types qui ont aidé à fabriquer la diversion qu’est la guerre en Irak au moment où nous aurions pu coincer les gens qui ont vraiment commis le 11 Septembre », a réagi M. Obama, s’adressant à des journalistes dans son avion.

Cette controverse fait suite notamment à la décision de la Cour suprême, qui a reconnu jeudi aux détenus de Guantanamo le droit de saisir la justice civile. M. McCain et ses alliés ont vivement dénoncé cette décision, qui a au contraire été saluée par M. Obama et les démocrates.

Le camp Obama a souligné que les attaques le visant s’apparentaient au type de campagne menée traditionnellement par George W. Bush et les républicains : « ils essaient de décrire l’autre parti comme faible sur le terrorisme, déforment complètement le bilan de ce parti et de ses candidats, et font cela pour diviser les Américains (..), et franchement faire peur aux Américains », a accusé Richard Clarke, ancien responsable de l’antiterrorisme à la Maison Blanche, devenu un conseiller de M. Obama.

M. Scheunemann, anticipant sur cette riposte, avait prévenu qu’il s’attendait à ce qu’on lui reproche de mener une « politique de la peur ».

Mais l’ancien directeur de la CIA James Woolsey, conseiller de M. McCain, avait maintenu ses accusations sur un ton dramatique. « Je ne le dis pas à la légère. L’approche (de M. Obama) face au terrorisme est extrêmement dangereuse et extrêmement naïve », avait-il dit, intervenant lors de la même conférence téléphonique.


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