vendredi 20 octobre 2017

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Corruption : un ancien de Thales accuse

Nouvelobs.com, avec AP

lundi 26 septembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Un ancien PDG d’une filiale du groupe d’électronique de défense accuse son ancien employeur d’avoir établi un système de corruption avec versement de pots-de-vin en contrepartie de marchés en France et à l’étranger.

Un ancien PDG d’une filiale du groupe français d’électronique de défense Thales accuse, lundi 26 septembre son ancien employeur d’avoir établi un système de corruption avec versement de pots-de-vin en contrepartie de marchés en France et à l’étranger. Dans le quotidien Le Monde daté de mardi, Michel Josserand, ex-PDG de Thales Engineering & Consulting (THEC), mis en examen pour corruption dans un autre dossier, affirme que le groupe verserait en commissions occultes "entre 1% et 2% de son chiffre d’affaires global". Ce dernier était de 10,3 milliards d’euros en 2004. Thales a précisé lundi matin qu’il ferait connaître sa réaction après avoir lu l’article paraissant en début d’après-midi.

Enquête préliminaire

Le groupe fait l’objet depuis juillet d’une enquête préliminaire sur d’éventuels faits de corruption à l’occasion de marchés publics passés en France et à l’étranger. L’enquête, confiée à la Division nationale des investigations financières (DNIF), vise à vérifier de possibles délits de corruption ou de favoritisme lors de marchés conclus notamment à Tours, Bordeaux, Papeete ou Saint-Denis de La Réunion, mais aussi en Grèce, en Argentine et en Asie.

Le parquet de Paris a été saisi à la suite de perquisitions dans le cadre d’une enquête judiciaire menée à Nice (Alpes-Maritimes) sur la construction du tramway de la ville. Dans ce dossier, plusieurs responsables de THEC, dont Michel Josserand, ont été mis en examen pour corruption. Licencié de THEC en janvier 2004 et passé depuis à EADS, rival de Thales, Michel Josserand affirme au quotidien que plusieurs membres du comité de direction étaient informés des commissions occultes, versées via des sous-traitants installés à l’étranger.

"Une pratique très répandue"

"C’est une pratique très répandue. Au total, j’estime que Thales doit verser en commissions illégales entre 1% et 2% de son chiffre d’affaires global", affirme-t-il. "Il y a des endroits où c’est inévitable comme en Afrique, en Corée, en Grèce, en Italie... En France, cela dépend des intérêts politiques locaux ou nationaux". Parmi les exemples cités par Michel Josserand figureraient notamment un marché de frégates en Grèce où un membre du gouvernement a été soudoyé, des "irrégularités" pour le tramway de Bordeaux, des "ententes illicites" pour des hôpitaux comme à Tours, un marché de train-tramway à La Réunion. Disant être "l’homme qui en savait trop", l’ancien patron de THEC accuse aussi Thales d’avoir violé le programme onusien "pétrole contre nourriture" en livrant des munitions chimiques à Saddam Hussein. Michel Josserand précise que les policiers disposent de documents concernant "une centaine de marchés entachés de malversations".


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